Adriana DIACONU

Statut

  • En 2012-2013 : ATER en urbanisme (section 24 du CNU) à l’Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense
  • Chercheure au laboratoire Mosaïques (UMR LAVUE)

Les origines du logement social et collectif à Bucarest. Architecture et idéologies politiques : 1910-1960.

  • Soutenance le 12 novembre 2010
  • Sous la direction de Henri Bresler et Nicolae Lascu
  • Thèse en cotutelle entre l’Université Paris 8 et l’Université d’Architecture et d’Urbanisme « Ion Mincu » de Bucarest.

Existe-il une continuité entre les « logements aidés » pour fonctionnaires de l’entre-deux-guerres en Roumanie et les logements sociaux du début de la période communiste, mis à part une « inspiration nationale » du point de vue stylistique ? Le logement social se décline en enjeux politiques, véhicule les idéologies dominantes des régimes de l’entre-deux-guerres, mais sert aussi d’outil de reconstruction sociale, lors de l’instauration d’un socialisme de type stalinien dans les années 1950.

Cette recherche a pour objectif de reconstituer l’histoire du logement social et collectif en Roumanie, pendant la période d’avant et d’après la Seconde Guerre mondiale. Cette période permet de comprendre la constitution d’un cadre de vie spécifique au régime communiste, faite de continuités mais aussi de ruptures par rapport aux pratiques antérieures. La thèse s’attache plus spécifiquement à déchiffrer les multiples logiques du projet de logements sociaux : politique, administrative, architecturale, culturelle. Deux facteurs sont plus particulièrement mis en relation : la dimension politique, relevant des idéologies officielles et des cadres réglementaires mis en place par les régimes successifs, et la dimension architecturale, celle des doctrines, des modèles architecturaux et urbanistiques et des opérations réalisées. Notre recherche s’attache ainsi à déchiffrer la cohérence et les contradictions entre les discours officiels et les caractéristiques du projet dans leur genèse et leur évolution. De fait, elle vise à contribuer à une réflexion plus générale sur la portée des actions politiques sur les pratiques architecturales et sur l’espace physique bucarestois.

Descripteurs : Logement social – Régime totalitaire – Idéologie urbaine – Bucarest – Communisme – Nationnalisme – Architecture – Urbanisme – Politiques publiques

From 1910 to 1960, Romania turns from an agricultural country dominated by the ideal of a « nation state » into a socialist republic controlled by the USSR, being in between a « nationalist » dictatorship allied to Nazi Germany. In this historical context this paper explores the evolution of the way political leaders, city planners and architects conceived the role played by the state and the tools that it can use in the field of public aids to housing. Which social categories are particularly privileged by these different political regimes ? Are official ideologies really embedded in public policies, in city planning strategies and in architectural projects realized during these regimes ? Moreover, by which means and to which extent do political discourses shape urban space ?

This paper puts into perspective the idea that the conceptions regarding the city and housing in Romania follow historical sequences that are completely distinct from each other and that are the product of political ideologies. Thus it investigates the emergence of a “socialist city”, made up of ruptures and of continuities, and produced by a multiplicity of actors and of divergent ideas.

Key words : Social housing – Block of flats – Totalitarian regime – Political ideology – Socialist city – Nationalism – Architecture – City planning – Housing policies - Bucharest