Axe 6 : Architecture : diffusion, transmission et enseignement

Recherches en cours

Responsables

Composition de l’équipe 

Chercheurs AUSser participant à l’axe :

  • Guy Lambert, Maître assistant, ENSA Paris-Belleville, chercheur IPRAUS
  • Valérie Nègre, HDR, Maître assistant, ENSA Paris La Villette, chercheure AHTTEP
  • Malik Chebahi, Ingénieur de recherche (associé), ENSA Paris La Villette, chercheur AHTTEP
  • Valéry Didelon, Maître-assistant, ENSA Paris-Malaquais, Chercheur ACS
  • Thierry Mandoul, Maître-assistant, ENSA Paris-Malaquais, Chercheur ACS
  • Marie-Jeanne Dumont, Maître-assistant, ENSA Paris-Belleville, chercheur IPRAUS
  • Isabelle Chesneau, Maître-assistante, ENSA paris-Malaquais, chercheure ACS

Chercheurs associés

  • Jean-Philippe Garric, Professeur, Université Paris I, chercheur HICSA, chercheur associé IPRAUS
  • Emilie d’Orgeix, Maître de conférence, Université de Bordeaux-Montaigne, chercheure associée IPRAUS
  • Ariela Katz, chercheure associée IPRAUS

Doctorants

Camille Bidaud ; Laure Jacquin ; Gael Huitorel ; Steven Melemis ; Béatrice Durand ; Miguel de la Cova 

Antériorité

Créé en 2010, cet axe se donne le double objectif de comprendre les processus d’élaboration de la culture et des savoirs architecturaux à travers l’étude des supports et des modalités de leur transmission et d’étudier pour eux-mêmes ces supports et processus. Il s’agit de poursuivre les travaux engagés sur l’enseignement de l’architecture tout en abordant plus largement les phénomènes de médiatisation, les débats architecturaux et les mécanismes institutionnels.

Enjeux

Le développement de connaissances sur les processus de constitution de la discipline architecturale, sur les paradigmes à l’œuvre dans la création architecturale, tel qu’ils s’affirment dans son enseignement, et sur les modalités de leur transmission ouvre à une critique des méthodes d’enseignement et à une expertise, au sein d’équipes de recherche directement en prise, au sein des écoles d’architecture, avec la formation aux métiers de l’architecture et de la ville.

La situation actuelle de l’enseignement de l’architecture et, plus largement, la définition de la profession et de ses modes d’exercices, résultent des mutations dont l’éclatement de l’École des beaux-arts, en 1968, fut à la fois un vecteur et un symptôme. La rupture qui s’opérait alors avec une histoire institutionnelle de près de deux siècles, au nom de son retard à répercuter l’évolution des sociétés contemporaines, coïncidait aussi, en sens inverse, avec une mise en crise des hypothèses et des affirmations doctrinaires des mouvements modernes et un renouveau des approches historiques. Née d’une contestation de l’enseignement dispensé à l’École des beaux-arts, elle ouvrait à une refondation revendiquée, porteuse d’intenses réflexions méthodologiques et d’une abondante production théorique, dans un contexte qui était celui des villes nouvelles, d’un renouvellement des politiques publiques et de l’extension des territoires suburbains.

Alors que la génération actrice de ces transformations est en train de passer le relais, la nécessaire reformulation des points de vue qui s’ensuit impose de réexaminer cet épisode. Ce que l’on se propose de faire par la critique des débats, productions et réalisations qu’il a produit, mais aussi en questionnant la réalité des ruptures qu’il prétend avoir instauré et la pertinence des limites qu’il a choisi de se donner, en les replaçant dans un cadre chronologique et disciplinaire plus large, qui embrasse l’ensemble de la période contemporaine et dans un contexte disciplinaire élargi, qui prenne en compte les différents types de formation à la production des édifices et des espaces bâtis.

La crise actuelle des savoirs et de l’exercice de l’architecture face aux mutations que connait la production des territoires urbanisés et des espaces habités à l’âge de la révolution numérique, de la mondialisation, de l’extension de la notion de patrimoine et de l’urgence environnementale, doit être rapportée à des mouvements de plus long terme, qui concernent l’évolution des imaginaires urbains et des paradigmes de la conception architecturale. Il en va de même des outils de conception et de représentation de l’architecte et de ses domaines d’exercice – de l’échelle de l’édifice à celles de la ville et du territoire. La rééquilibrage des rôles respectifs de l’architecte et de l’ingénieur, la persistance des pratiques d’apprentissage et de transmission des savoirs architecturaux et urbains « en atelier » et les perspectives de leurs évolutions, leurs confrontations avec les règles et les disciplines universitaires, font partie des questions que cette mise en perspective historique se propose d’éclairer.

Cet axe entend donc accueillir une approche de nature historique, qui ambitionne de réévaluer les ruptures ou continuités supposées fondatrices des dispositifs et systèmes d’enseignement actuels, et développer une analyse critique des notions et des méthodes mobilisées dans l’enseignement contemporain ; la conjugaison de ces deux démarches livrant les éléments d’une expertise des pratiques pédagogiques et d’une réflexion sur les interactions possibles entre une histoire de l’enseignement et une démarche prospective.

Directions de recherche privilégiées

Pour les années à venir, les travaux collectifs interrogeront prioritairement les processus de réduction à l’œuvre dans les exercices de conception. Quelles sont les hypothèses sous-jacentes à l’enchaînement des échelles dans les phases successives du projet ? Dans quelle mesure les opérations d’abstraction témoignent-elles de l’affirmation de principes hiérarchiques ? Comment les différents supports de représentation -dessins, maquette, modèles ou autres démonstrations, jusqu’à l’échelle grandeur, reflètent-ils ces processus de réduction ? Par ailleurs, le travail collectif réalisé depuis 2010 a montré la nécessité de s’intéresser de manière plus approfondie aux modalités concrètes des échanges entre enseignants et élèves, en s’appuyant notamment sur les supports matériels de la pédagogie et en analysant les rôles respectifs des différents types d’imprimé et les différentes formes d’oralité dans la transmission. Cette investigation se redéploye, d’une part, depuis l’enseignement vers d’autres vecteurs de la constitution et de la diffusion de la culture architecturale comme l’édition d’architecture, la presse ou les expositions, dont les stratégies pédagogiques, les liens avec les établissements d’enseignement ou avec les différents milieux professionnels peuvent être réévalués, d’autre part vers des contextes professionnels comparables ou connexes, comme ceux du design ou des arts et métiers.

Ces différentes approches, centrées sur les principales institutions parisiennes, pour le XIXe siècle, auront vocation à s’élargir au niveau international, en particulier en ce qui concerne la diffusion internationales des pratiques et des modèles pédagogiques français jusqu’à la Première Guerre mondiale et le renouveau des approches Outre-Atlantique, à partir des années 1930.

Publications

  • 2014 Numéro des Cahiers de la recherche architecturale et urbaine « Trajectoires doctorales 2 » (publication liée aux journées doctorales - rencontres recherche en architecture sept. 2013, BRAUP/ Ipraus/ Ensa Paris-Belleville
  • 2014. Publication Jules Bourgoin (1838-1907). Architecture, orient, ornement, mathématiques Avec l’USR Invisu, INHA (Estelle Thibault, Mercedes Volait)
  • 2014. Point-Contrepoint : Trajectoires de dix architectes coréens, Denmark, The Architectural Publisher B/Narayana Press, 2014. Avec Inha Jung (Hanyang University)
  • 2015. Publication du séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques ». Format papier et en ligne.
  • 2015. Publication d’une anthologie de sources et documents « les fictions de l’architecture »

Coopérations

Hanyang University, ERICA Campus (Inha Jung)

  • Participation au réseau d’études “Écoles régionales, École nationale. L’enseignement de l‘architecture en France entre 1903 et 1968” (Anne-Marie Châtelet coord.)