Chayphet SAYARATH

Titres universitaires

2014 : Doctorat en Architecture, Université Paris-Est (direction conjointe Pierre Clément _ Nathalie Lancret)

2001 : DEA "Le projet architectural et urbain : théories et dispositifs", Université de Paris 8

1997 : Diplôme d’Architecte dplg - École d’Architecture de Tolbiac

2014 : Doctorat en Architecture, Université Paris-Est, ED "Ville, Transports et Territoires"

Sous la direction de Pierre Clément (professeur honoraire, ENSA Paris-Belleville) et Nathalie Lancret (directeur de recherche au CNRS, directrice de l’UMR AUSser)

Laboratoire d’accueil : IPRAUS (ENSA Paris-Belleville)

Titre : “Dispositifs spatiaux et évolutions des villes lao, persistance des pratiques et permanence des formes. La place du centre historique et de l’habitat ancien dans la recomposition de la ville contemporaine.”

Résumé de la thèse

À l’heure de la construction régionale de l’Asie du Sud-Est, les villes connaissent un développement accéléré, leurs espaces économiques, culturels et humains sont recomposés et restructurés. Leurs trajectoires de développement sont aussi diversifiées. Les villes laotiennes entament au milieu des années 1990, et intensifiée depuis les années 2000, une nouvelle période urbaine qui interroge non seulement l’avenir, mais aussi le passé : comment le Laos vit-il son intégration régionale et surtout son intégration locale ?

À la recherche de ses limites, de son mode de gestion et des orientations pour son développement, sans modèles et sans références claires, le nouveau développement des villes laotiennes dans de tel processus, est mal maîtrisé. Il explicite des difficultés certaines dans la construction des cadres de vie de qualité. Il met aussi en évidence la désolidarisation de la ville par rapport à ses structures primitives composées par ses racines historiques : ses habitants et leurs pratiques, ses centres anciens en tant qu’espaces hérités et référencés. À partir des années 1995 et 2000, espaces ou centres historiques sont modifiés peu à peu parallèlement à l’apparition de nouveaux quartiers, aboutissant à une recomposition spatiale ; d’où la difficulté à identifier les centres historiques et à délimiter le territoire urbain lui-même. Les liens entre les villes qui se développent et leurs espaces anciens qui fonctionnaient jusqu’alors comme leurs lieux de référence, de cohésion sociale et de structuration spatiale, sont fragilisés. Les notions de centre historique et d’habitat ancien et le mode d’habiter la ville ont été, pour ainsi dire, altérés, corollairement à l’altération de la notion même de ville. La ville, son espace, ses composants sociaux, politiques et symboliques, en tant que matrice structurante et identitaire, semblent être aujourd’hui reniés ou négligés. Au constat, développé dans la première partie de la thèse, sont apposés dans la seconde partie les regards introspectifs (dans le fondement culturel et humain qui a forgé les caractéristiques des établissements lao), et rétrospectifs (dans l’histoire et le temps de la construction spatiale) sur l’espace des villes laotiennes. Ces regards permettent de déceler la période qui s’étend entre 1975 et 1990 comme responsable des ruptures. Le redéploiement idéologique du nouveau régime, accompagné de nouveaux dispositifs spatiaux intervenus dans cette période, aurait apporté des transformations importantes dans la perception de la ville et de son histoire, dans la pratique spatiale, dans la manière de gérer et de développer la ville. En négligeant les centres historiques et leurs principes fondateurs, on néglige en même temps les facteurs pédagogiques des espaces hérités. Les pouvoirs publics et les habitants occupaient respectivement l’espace, durant cette période, pour les uns, suivant une projection idéologique de collectivisation des biens, et pour les autres, suivant une pratique d’occupation sans acte d’appropriation. Entre la période où les villes évoluaient sans trop s’écarter de leurs matrices de fondation et les moments où elles se développent dans une profonde recomposition avec difficultés et handicaps, caractérisant la période actuelle, les années 1975 et les années 1980 semblent constituer une période transitoire, illustrée par la notion de “ ville absente ” et par le phénomène de “ squattérisation publique. ”

La réflexion menée dans cette recherche est de démontrer que les difficultés de la période actuelle sont liées à la période transitoire, que la stratégie de développement urbain et territorial en cours doit probablement être mise en œuvre en revisitant les expériences de ces années transitoires. Ce qui avait été négligé, telles la notion de ville comme composant hérité de l’histoire, la notion de citoyen habitant de la ville, la notion de création, de gestion et de partage des espaces, devraient probablement être replacée au cœur des préoccupations des décideurs et des habitants. Dans ce nouveau contexte régional, c’est aussi en interrogeant ses propres données endogènes ou endogénisées tout au long de l’histoire, que le Laos pourrait constituer ses modèles d’espace et de développement adaptés et durables.