Communautés traditionnelles de Bangkok : exemple de réaction et d'adaptation locale face à l'inondation dans le contexte de métropolisation

Thèse en cours
Année de début de la thèse : 
2012
Directeur de recherche : 
Dir. Thaïlandais : B. Chulasai (Thaïlande)
Cotutelle et Bourse de l’Université de Chulalongkorn, Bangkok, Thaïlande
Discipline: 
Architecture
Equipe de recherche : 
Université : 

Résumé de la thèse

Les communautés traditionnelles se sont développées concomitamment à l’expansion des réseaux hydrauliques de Bangkok de la fin du 18e au milieu du 20e siècle. Elles pouvaient s'adapter subtilement à la topographie basse et inondable de la plaine du delta fluvial. La relation profonde entretenue avec l’eau dans la vie quotidienne et l'agriculture saisonnières leur permettait de créer un équilibre entre l'architecture, la terre et l'eau. Bangkok a été dénommée la " Venise d'Orient" en référence au  maillage complexe et continu de ces communautés qui longeaient les canaux, créant ainsi une ville hydraulique. L'eau n'a pas été considérée comme un aléa entraînant un risque d'inondation grâce aux capacités d'adaptation de l'architecture sur pilotis qui permettaient de s’adapter aux variations des niveaux d’eau. Ces villages amphibies se sont rapidement développés  en même temps que les canaux ont été creusés ; le seul mode de transport de la capitale était alors le bateau.

Le réseau routier a été introduit à Bangkok il y a un siècle. Il a réussi à pénétrer dans ces communautés aux bords des canaux à partir des années 1970. Au moment où l'aménagement moderne d'irrigation a été mis en œuvre pour soutenir l’exportation du riz sur les marchés mondiaux (préciser quand), l'eau de la plaine a été progressivement contrôlée par les barrages et les portes d'écluses. Dans la capitale notamment, les canaux devenaient les cours de drainage du fait de la mise en place  du système anti-inondation urbaine par le "Department of drainage and sewerage" de Bangkok.  Les digues en béton ont été progressivement construites le long des canaux pour compléter le système. L'accès à l'eau, l'espace  et les éléments de communautés amphibies, par exemple les entrées du bateau, les embarcadères, les escaliers et les pavillons ont été détruits en coupant complètement la relation à l'eau ; les communautés ont été entourées par les digues. 

Bangkok se trouve à l’embouchure du fleuve qui se jette dans le golfe de Thaïlande. La capitale s’intègre de manière complexe dans le réseau hydraulique régional dont les aménagements s’étendent au-delà de la limite territoriale de la ville. Dans une agglomération de plus de 10 millions d'habitants construite dans la plaine, située à environ 1,5 mètres au niveau de la mer, l'eau peut traverser lentement la ville par les fleuves et les canaux où se trouvent les communautés traditionnelles. Ces dernières ont été affectées par les aménagements hydrauliques ; elles gèrent / anticipent l’inondation saisonnière dont la situation fragile est dépendante de la quantité et de la fréquenté de pluie. Les grandes inondations se produisent environ chaque décennie ; la dernière qui eut lieu en 2011 a gravement touché Bangkok. 

Problématique

Nous arrivons au point du départ de la thèse avec les questions de recherche suivantes :

  • Comment les communautés traditionnelles et la ville de Bangkok gèrent-elles  la relation à l'eau et le risque d'inondation ?
  • Quelles évolutions ? Quelles adaptations ?
  • Dans quelle mesure le système d'irrigation et les aménagements hydrauliques de Bangkok ont-ils affecté les communautés? Quels impacts ont subi les communautés lors de l'inondation catastrophique de 2011 ? Quelles furent  les réactions de ces communautés ?


Le terrain d'étude a été choisi selon les critères suivants :

  • L’objet d’étude est l’espace des communautés traditionnelles et leur relation à l'eau et aux aménagements hydrauliques  
  • Le territoire concerné par les cours d'eau principaux du système d'aménagement de l'eau à l'échelle régionale et à celle de la ville de Bangkok,  et absorbant l'impacte.  
  • Le terrain où représente la qualité amphibie et le réseau hydraulique est encore effectivement relié. 

Ces critères nous ont conduit à étudier la partie ouest de Bangkok. Le travail de terrain a permis l'étude de 17 communautés à propos de l'adaptation de l'habitat et leurs réactions pendant et après l'inondation l'inondation, ainsi que l'avenir de leur communautés dans le contexte métropolitain. 


Après l’analyse des entretiens, les résultats montrent des différences dans la capacité d’adaptation de communautés voisines face aux impacts de l’inondation. Certaines sont plus inondées, d’autres moins et certaines ne sont pas du tout inondées. Ce constat conduit aux questions suivantes : 

  • Pourquoi ces communautés ont-elles des problèmes d'inondation différents? Quels facteurs font la différence?.
  • Le système anti-inondation est-il  vraiment efficace face aux aléas des inondations?. 
  • Quelles communautés ont mieux résisté : celles dotées d’un système anti-inondation ou les autres ?  

Hypothèses 

  • Le système anti-inondation ne permet pas de régler les problèmes d'inondation de ces communautés ; en revanche, il est à l’origine d’une plus grande vulnérabilité.
  • L'inondation de 2011 probablement évoquait les changements des communautés face à l'inondation au futur. 
  • La relation entre l'architecture, la terre et l'eau dans ces communautés n'a pas disparu mais a été transformée.