Coopérations internationales en Asie

Actions d'enseignement au Cambodge, Thaïlande et Vietnam

 

Historique des coopérations


Coopération avec le Cambodge


Dans le prolongement des enseignements réalisés à Phnom Penh et à Siem Reap de 1991 à 1994, un atelier de la formation sur les villes d’Asie Pacifique est organisé à Siem Reap – Angkor, tous les ans, depuis 2004-2005. Piloté par l’Ecole nationale supérieure d’Architecture de Paris – Belleville (ENSAPB), il repose sur une coopération avec l’Autorité pour la Protection du Site et l’Aménagement de la Région d’Angkor / Siem Reap (APSARA) et l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO). La convention de coopération avec APSARA a été signée en 2009 ; celle avec l’EFEO a été renouvelée en 2010.
Cet enseignement s’inscrit dans l’Observatoire franco-khmer de  Siem Reap-Angkor. Architecture, patrimoine, développement créé en 2005 et piloté par l’ENSA Paris-Belleville et l’Ipraus (UMR 3329 du CNRS) avec l’École Française d’Extrême-Orient et l’Autorité pour la protection et la sauvegarde du site d’Angkor (APSARA). L’observatoire est une structure pérenne. Il a une mission de documentation, de recherche et d’expertise auprès des autorités cambodgiennes, d’accueil et de formation d’étudiants et de chercheurs. 
La convention avec l’Université royale des Beaux-Arts de Phnom Penh a été signée en décembre 2014.

Coopération avec la Thaïlande

Les premiers ateliers sur les Villes d’Asie Pacifique avaient eu lieu en Thaïlande, à Bangkok et à Chiang Mai, dans les années 1980. Une convention de coopération a été renouvelée entre l’ENSA Paris-Belleville et l’Université de Chulalongkorn en 2010 (accueil d'étudiants thaïlandais à Belleville, tant dans le cursus licence, master et post-master que dans le cursus doctoral). L'organisation d'un terrain à Chiang Mai a été l’occasion pour prendre de nouveaux contacts institutionnels, notamment avec l'université de Chiang Mai, qui ont abouti dans la signature d’une convention en 2011, et avec le bureau de l'EFEO. Des étudiants thaïlandais des Universités de Chulalongkorn et de Chiang Mai ont ainsi participé aux ateliers en 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.

Coopération avec le Vietnam

La coopération avec le Vietnam a été redynamisée par des programmes associant l’ENSA de Paris-Belleville avec la Hanoi University of Architecture (HUA), l’Institut des métiers de la ville (IMV), le Hanoi Urban Planning Institute (HUPI). Ainsi le Diplôme de spécialisation et d’approfondissement en architecture (DSA) « Architecture et Projet Urbain » de l’ENSA de Paris-Belleville propose une approche comparée des métropoles parisienne, shanghaienne et hanoïenne. Un atelier de projet urbain se tient chaque année à Hanoi pendant trois semaines : il réunit des étudiants de l’ENSAPB et de l’HUA ainsi que de jeunes professionnels du HUPI. Une convention de coopération a été signée en mars 2016.

L’ENSAPB est partenaire du diplôme propre aux écoles d’architecture (DPEA) « Projet urbain, patrimoine et développement durable coordonné par l’ENSA de Toulouse avec l’HUA.

Les activités de recherche se poursuivent dans le cadre de la formation doctorale. Une formation franco-vietnamienne francophone vient d’être créée avec le soutien de l’AUF (convention signée en octobre 2016) ; elle sera inaugurée lors des Journées francophones qui auront lieu à Hanoi du 14 au 16 décembre prochain. Enfin, les échanges continuent de se développer entre l’ENSAPB, l’IMV et le HUPI sur des aspects de documentation et d’expertise.

Aujourd’hui, la coopération repose sur un réseau de partenariats pérenne. Elle bénéficie de la présence de l’Institut des métiers de la ville créé en 2001 par le Comité populaire de Hanoi et la Région Île-de-France dans le cadre de leur accord de coopération internationale – institut co-dirigé par Emmanuel Cerise, membre permanent de l’Ipraus, spécialiste de l’Asie du Sud-Est.

Conventions signées avec des établissements supérieurs de l'ASEAN

  • En Thaïlande : Université de Chulalongkorn,  Bangkok, depuis 2010  et en 2014 ajout d'un projet documentaire cartographique ; Université de Chiang Mai, depuis 2009 ; thèse en cotutelle avec l’Université Kasetsart, Bangkok, depuis 2010 ; 
  • Au Cambodge : l’Autorité pour la protection du site et l’aménagement de la région d’Angkor (APSARA), depuis 2009 ; Université des Beaux-Arts, Phnom Penh, depuis 2014.
  • En Indonésie : Université Diponegoro, Semarang (Java), depuis 2011 ; Université Udayana, Denpasar (Bali), depuis 2009.
  • Au Laos : Ministère de la communication, des transports, de la poste et de la construction, Vientiane, depuis 2000. 
  • En Chine : Université de Tongji, depuis 2005.
  • A Taiwan : Université nationale de technologie de Tapei (Tapei Tech, Taiwan) depuis 2013.
  • A Hanoi : Institut des Métiers de la Ville (Hanoi) en 2013 ; Université d'Architecture de Hanoi en 2015 et en 2016 (convention inter-établissements signée entre l'UAH et ENSAP Bordeaux, ENSA de Normandie, ENSA de Toulouse et l'ENSA de Paris-Belleville le 29 juin 2016 : convention pour le développement d'une formation doctorale franco-vietnamienne dans les domaines de l'architecture, de la ville, du territoire et du paysage).

En 2014 :  adhésion au groupement d’intérêt scientifique Etudes asiatiques du CNRS.
 

Contexte général des actions « Architectures et villes d’Asie du Sud-Est » 

Un objectif des actions « Architectures et villes d’Asie du Sud-Est » est la formation des étudiants de l’ENSA de Paris-Belleville à l’intervention architecturale et urbaine dans les pays de l’ASEAN, lesquels présentent un fort potentiel de développement avec plus de 600 millions d’habitants et une croissance économique de 5,8% en 2013, alors que la croissance mondiale était de 3% (FMI). 


Depuis le début des années 1980, nos programmes d’enseignement et de recherche permettent aux futurs architectes de projeter leur carrière professionnelle à l’international, en Asie. Plusieurs anciens étudiants ont une pratique architecturale en Asie  (Wy-Too Architects à Singapour, Asma Architects au Cambodge, Agence Eté et associées à Shanghai, etc.), d’autres sont responsables d’enseignements et de formations de recherche, ou d’organismes institutionnels et opérationnels, français et asiatiques. Des partenariats ont ainsi été développés dans la durée, depuis plus de trente ans, créant des synergies qui innervent le projet de l’ENSA de Paris-Belleville et de ses structures de recherche, IPRAUS et UMR AUSser n°3329 MCC/CNRS. 

 

Antériorité  des formations d’enseignement sur l’Asie à l’ENSA Paris-Belleville


Avant 1985, des ateliers de projet inter-unités pédagogiques d’architecture sont réalisés en Extrême-Orient avec le département « Architecture comparée » de l'Institut français d’architecture (IFA).

De 1985 à 2001, le certificat d’études approfondies en architecture (CEAA) « Métropoles d’Asie Pacifique », formation spécialisée de 3e cycle et post-diplôme en architecture et aménagement urbain sur les grandes villes de l'Asie-Pacifique, organisée par les Ecoles d'Architecture de Paris-La-Villette, Paris-Belleville, Paris-Villemin et l'Institut Français d'Urbanisme (IFU), Université de Paris VIII-Saint Denis.

De 2001 à 2005,  le Diplôme propre aux écoles d’architecture (DPEA) « Métropoles d’Asie-Pacifique. Architectures et projets urbains » des écoles de Paris-Belleville et Paris-La Villette et de l’IFU-Paris 8.

Depuis 2005, des ateliers de projet regroupant des étudiants de l’ENSA de Paris-Belleville et des étudiants thaïlandais et cambodgiens en master 1 et master 2, « Siem Reap/Angkor, Chiang Mai: patrimoine et tourisme, contemporanéité et développement » en coopération avec les universités de Chulalongkorn (Bangkok) et de Chiang Mai en Thaïlande, l’université Diponegoro (Semarang, Java, Indonésie), l'université nationale de technologie de Tapei (Tapei Tech, Taiwan) et l'université royale des beaux-arts de Phnom Penh (URBA, Cambodge). Au premier semestre l’atelier accueille et encadre, sur les différents terrains d'études, les étudiants des universités citées puis les étudiants de l'université de Chulalongkorn, Bangkok participent, à Paris, à l'intégralité du studio du second semestre.
Depuis 2005, le diplôme de spécialisation en architecture (DSA) « Architecture et projet urbain » qui a pour terrain d’étude les métropoles parisienne, shanghaienne et hanoienne, en coopération avec l’université Tongji (Shanghai), l'institut d'urbanisme de Hanoi (Hanoi Urban Planing Institute, HUPI), l'université d'architecture de Hanoi et l’université libre de Hanoi (Hanoi Open University, HOU).

Depuis 2011-2012, des ateliers intensif de type workshop à Kep (Cambodge) en coopération avec l’Université Royale des Beaux-Arts du Cambodge.

Depuis la création de la filière doctorale en 1992, 21 étudiants ont soutenu leur thèse sur un sujet asiatique avec 4 enseignants HDR (ce qui représente 49% des thèses soutenues à l’ENSA de Paris-Belleville. 

Ces formations ont permis la production de connaissance approfondie des contextes géo-historiques et culturels, liée notamment à l’apprentissage linguistique, et également l’expérimentation d’outils de relevés et d’analyse des formes architecturales et urbaines propres à l’aire considérée. Ils ont permis la constitution de fonds documentaires spécialisés

 

Actions d’enseignement en Thaïlande / Cambodge / Vietnam

Description de l'action d'enseignement  « Architectures et villes d’Asie »

L’enseignement « Architectures et villes d’Asie » offre une formation de confrontation dans des contextes asiatiques connaissant aux différentes échelles et dans leurs diverses composantes, des mutations et des recompositions sans précédent de leur espace architectural, urbain et paysager. Il s’agit d’appréhender la spécificité de la production et des pratiques architecturales et urbaines des aires concernées en terme de structuration de l’espace, de mode d’habiter ou encore de dynamique de transformation. Nous nous appuyons sur ce décalage géographique et culturel pour interroger nos conceptions du territoire et de l’espace ainsi que la notion de local dans le cadre d’un monde globalisé.

En effet, la période est marquée par des accélérations de l’urbanisation et des changements dimensionnels qui modifient l’importance relative du peuplement urbain, l’étendue des espaces urbanisés et l’échelle des projets ; tendance qui se manifeste dans des espaces jusqu’alors peu concernés par le fait urbain qui, s’il est ancien, s’est longtemps exprimé sur un mode mineur. Jusque dans les années 1980, les taux d’urbanisation sont faibles, la population urbaine ne représentant pas plus d’un quart de la population totale de la région. Or, l’Asie du Sud-Est enregistre actuellement des effets de rattrapage, lesquels ont d’abord contribué au renforcement de la primauté des métropoles puis au développement de villes restées à l’écart de ces processus. Celles-ci acquièrent des fonctions internationales et entrent à leur tour dans un cycle de transformations, non sans conséquences sur leurs configurations spatiales.

La thèse qui sous-tend les enseignements concerne la propension des espaces physiques et sociaux à produire les espaces habités de demain. Il revient alors à l’architecte d’appréhender les potentialités œuvrant en ces lieux et les qualités qui s’en dégagent pour imaginer leur avenir. Selon cette option, les enseignements qui préparent à l’intervention doivent permettre aux étudiants d’acquérir la capacité à regarder, à décrire et à analyser le territoire habité, ses formes et ses pratiques ordinaires et extraordinaires.

Or, les approches « classiques » ne suffisent pas à rendre compte des spécificités de ces villes, souvent évanescentes, difficilement saisissables sur le plan morphologique, aux tissus caractérisés par l’entrelacement des univers aquatiques, végétaux et bâtis, aux dispositifs spatiaux fragiles et éphémère. Les situations observées échappent à nos cadres de référence et appellent une production de connaissances nouvelles en amont de l’intervention, ainsi qu’un renouvellement des outils d’analyse et de projet.
 

Trois orientations pédagogiques fortes

  • Interactions entre enseignement et recherche

L’enseignement sur les architectures et les villes asiatiques, les cours comme les ateliers de projet, est articulé aux travaux de recherche menés à l’IPRAUS et dans le cadre de l’UMR AUSSER n°3329 CNRS/MCC. Il bénéficie des compétences des chercheurs, des doctorants et des enseignants-chercheurs travaillant sur les terrains asiatiques.
Les réflexions relatives à la conception et à la production de l’espace, en amont de la formalisation dans un projet, suscitent des interrogations sur les formes et les mises en forme des dispositifs spatiaux, ainsi que sur leurs pratiques. Aussi la formation est-elle adossée aux travaux de recherche sur l’espace architectural des villes d’Asie qui, depuis la fin des années 1970, fait l’objet d’une observation continue dans le laboratoire de l’ENSA de Paris-Belleville.

Ces programmes ont permis l’accumulation de connaissances et de compétences spécifiques (apprentissages linguistiques, connaissance approfondie des contextes géo-historiques et culturels), ainsi que d’un ensemble de travaux et de fonds documentaires spécialisés, bibliographiques et cartographiques, qui ont longtemps fait défaut pour l’aire considérée. Ils ont suscité l’élaboration d’approches méthodologiques originales croisant les disciplines du projet architectural et urbain à celles des sciences de l’homme et de la société sur un objet de recherche commun : l’espace architectural et urbain, sa formation et ses transformations. Ils ont permis d’établir des partenariats scientifiques solides avec des établissements d’enseignement supérieur et des organismes institutionnels en Asie. Ces partenariats sont formalisés dans le réseau international de la recherche architecturale et urbaine Métropoles d’Asie-Pacifique : architecture et urbanisme comparés piloté depuis 1999 par l’ENSA de Paris-Belleville et l’IPRAUS (http://reseaumap.hypotheses.org).

  • La notion d’espace culturel et le travail de terrain

La notion d’espace culturel fonde notre approche ; elle impose d’examiner les espaces architecturaux, urbains et paysagers dans leur rapport aux organisations de société, à leurs conceptions, à leurs représentations et à leurs pratiques. Les dispositifs spatiaux constitutifs des territoires urbains sont appréhendés au regard des déterminations géographiques et historiques, comme empreintes d’une culture symbolique et technique qui s’y déploie dans le temps.

La démarche s’appuie des enseignements qui mobilisent des approches géographiques et ethnologiques ; elle repose également sur un travail in situ, visant à étudier les dispositifs spatiaux dans leur matérialité et leur quotidienneté. Dans cette perspective les étudiants travaillent trois semaines sur le terrain pour effectuer des relevés architecturaux et des analyses de site leur permettant de dessiner une première esquisse de projet puis d’élaborer une proposition plus aboutie.

L’étude in situ et le relevé permettent de saisir concrètement la dimension physique de l’espace : les dimensionnements, les irrégularités et les nuances, les seuils et les limites sensibles, les qualités et la complexité ne seraient pas perceptibles ni compréhensibles à distance. Cette étape de relevé et de dessin fait partie intégrante du travail de recherche. Elle questionne le choix des éléments à représenter et les modes de représentation et de symbolisation de l’espace.

Parmi les 24 étudiants de l’atelier « Architecture et ville d’Asie » (2014-2015), 18 étaient inscrits à l’ENSA de Paris-Belleville dans le cadre d’échange d’étudiants avec d’autres universités : 1 venait d’Espagne, 1 du Portugal, 1 de Pologne, 1 du Maroc, 1 du Liban et 1 d'Allemagne. Pendant l’année 2014-2015, 2 étudiants Erasmus ont pris part à l’atelier. La diversité induite par l’origine des étudiants ou par leur formation universitaire  permet de placer les échanges culturels au cœur de l’atelier, tant lors du travail à Paris que sur le terrain, en Asie. Ces confrontations culturelles fondent notre enseignement. 
Sur ce point, les années 2010-2015 ont été particulièrement riches avec deux terrains d’étude – Siem Reap au Cambodge et Chiang Mai en Thaïlande – et des échanges universitaires les universités de Chulalongkorn à Bangkok et de Chiang Mai en Thaïlande (2010-2011 ; 2011-2012 ; 2012-2013 ; 2013-2014 ; 2014-2015) et la mise en place d’une convention d’échange avec l’Université Royale des Beaux-Arts (URBA) de Phnom Penh signée en décembre 2014.
 

  • Le rapport aux configurations existantes et la mise en perspective historique

Si nos interrogations portent sur la ville contemporaine, elles considèrent  la longue durée et les situations de changement des dispositifs spatiaux anciens, qui s’ancrent et prennent sens dans un territoire et une société donnés, dans la fabrication architecturale et urbaine actuelle. 

Organisés autour d’un séjour d’étude de trois semaines sur place, les enseignements portent une attention à la mise en situation des projets en s’interrogeant sur la prise en compte des spécificités des sites d’intervention en amont des exercices de projet. Il s’agit de comprendre comment les caractéristiques du site, les conditions antérieures d’aménagement et de peuplement des lieux peuvent être prises en compte dans la conception et la formulation d’un nouveau projet.

Cette orientation appelle une mise en perspective historique des éléments constitutifs de la ville et de son architecture, par la lecture critique de représentations cartographiques, pour en comprendre la genèse et les évolutions. La démarche rétrospective permet de considérer les objets architecturaux et urbains dans leur stratification historique afin de mieux comprendre leur valeur signifiante dans la structure de la ville. La démarche est rétrospective : l’étude des configurations actuelles appelle une remontée chronologique pour en comprendre la genèse et les évolutions, et pour formuler des propositions pour les espaces de demain. Ces exercices sont effectués, avant le séjour sur le terrain, dans un atelier de TD d’analyses urbaines. 

 

Ateliers d’enseignement semestriels Siem Reap / Angkor et Chiang Mai (master 1 et 2)​ - depuis 2010

Ces ateliers abordent la question de la production architecturale et urbaine, entre héritages et projets, dans des villes liées à un site patrimonial dont le développement repose principalement sur l’entreprise touristique. 
Les deux villes étudiées, Siem Reap – Angkor et Chiang Mai ont en commun un rapport étroit entre développement urbain et touristique. Leur choix a été déterminé selon trois critères :
1.    L’espace urbain s’organise et se développe dans sa relation à une ville ancienne, capitale royale : Angkor, Chiang Mai. Il reste fortement marqué par la prégnance de pratiques et de dispositifs spatiaux hérités, lesquels continuent de jouer un rôle dans la fabrication de la ville actuelle.
2.    Le mouvement d’urbanisation et d’ouverture internationale est récent. Le territoire urbanisé ou en cours d’urbanisation, longtemps maintenu en l’état, est caractérisé par la diversité des formes d’occupation et l’hétérogénéité des projets en présence.
3.    Leur urbanisation, suscitée par la proximité d’un site à forte valeur patrimoniale, met en jeu des mises en forme plurielles. Les projets qui prennent en compte les héritages, y compris dans une visée patrimoniale, sont déterminés par des vecteurs et des enjeux puissants, parfois contradictoires : politiques de construction identitaire, économiques de développement du tourisme, culturels du point de vue des habitants.

 

  • Siem Reap – Angkor

Siem Reap, capitale provinciale, est une petite ville de 100 000 à 150 000 habitants environ, mais elle accueille les deux millions de touristes internationaux, qui vont visiter les temples d’Angkor et la région. Passage obligé pour les visiteurs  du parc archéologique inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO en 1992, la ville concentre les infrastructures nécessaires à leur séjour. 
Siem Reap connaît donc un développement accéléré dû à la montée en puissance du tourisme et la conjoncture d’ouverture internationale qui en résulte. L’ouverture d’un aéroport international à Siem Reap, l’amélioration des liaisons routières avec Phnom Penh et Bangkok ont permis un développement constant de la fréquentation touristique. Cette conjoncture pose des problèmes tant au niveau du site archéologique d’Angkor, ensemble de plusieurs centaines de vestiges dispersés sur 401 km², que de la ville : infrastructures, gestion urbaine, respect et prise en considération du patrimoine, projets architecturaux et urbains de qualité. 

Le site d’étude comprend trois pôles majeurs : Angkor, site archéologique classé au patrimoine mondial de l’Unesco ; le grand lac du Tonlé Sap, réserve mondiale de la biosphère à l’Unesco ; Siem Reap, ville au développement accéléré.
 

  • Chiang Mai

En Thaïlande, Chiang Mai, ancienne capitale du royaume du Nord, le Lanna Thai, a été fondée en 1296 par le Roi Mengrai. La « ville carrée » est entourée d’une enceinte qui daterait de la fin du XVIIIe, laquelle est doublée par des fossés en eau. La ville intra muros comporte 36 temples et autres lieux symboliques – 85 si on considère les anciens sites et les temples en ruine. En 2005, le Comité de la Conservation de Rattanakosin et des centres anciens (CCRTK) déclare que Chiang Mai et 9 autres villes doivent, prioritairement, être l’objet de projets de conservation et gestion du centre ancien. L’héritage architectural et urbain fait ainsi l’objet d’un règlement spécifique qui en assure la conservation. 
Dès le début des années 1960, Chiang Mai est identifiée par les programmes de développement du gouvernement thaïlandais comme un lieu de tourisme potentiel.  Cependant, le tourisme ne se développe réellement qu’à partir des années 1980. Considérée comme une destination de tourisme culturel, Chiang Mai accueille désormais plus de trois millions de touristes chaque année.  La ville historique se transforme sur elle-même ; elle est simultanément  lieu d’accueil des touristes et  site de visite.

Un double atelier – Chiangmai et Siem Reap – se déroulera au premier semestre de l’année universitaire 2015-2016.

Atelier d’enseignement semestriel à Hanoi (DSA Architecture et projet urbain) - depuis 2013

L’IPRAUS collabore avec des institutions vietnamiennes et entend approfondir et diversifier ces initiatives au cours des prochaines années. 

  • En 2013 et 2014 :

En partenariat avec l’IMV et l’Institut d’Urbanisme de Hanoi (HUPI), un atelier des étudiants du programme DSA «Architecture et Projet urbain» de l’ENSAPB aura lieu à Hanoi entre février et mars. Cet atelier s'est focalisé sur la question des transports urbains: les étudiants seront amenés à travailler autour des stations de la future ligne de métro n°3, qui a été financé par l’Agence française de développement, la banque asiatique de développement et la banque européenne d’investissement. Trois enseignants de l’ENSAPB, chercheurs à l’IPRAUS, sont mobilisés dans le cadre de cet atelier qui implique, du côté vietnamien, des stagiaires de HUPI et des jeunes architectes diplômés à l’école d’architecture de Hanoi. L’atelier se termine par un colloque à l’institut français de Hanoi. 
En perspective, la coopération avec l’Institut des Métiers de la Ville à Hanoi et avec l’Institut d’urbanisme de Hanoi (HUPI) pourra s’organiser autour de trois volets d’actions communes: études urbaines, formation professionnelle et constitution d’un centre de documentation.
Dans le cadre de cette coopération, l’IPRAUS pourrait être engagé dans la constitution d’un centre de documentation qui collectera des ouvrages sur l’urbanisme et la planification en français et anglais, en assistant sa création, organisation et gestion. Ce centre est conçu comme une plateforme qui rayonnera à l’échelle de la capitale vietnamienne et sera situé à l’HUPI

 

  • En 2015 : 

En partenariat avec l’IMV, l’Institut d’Urbanisme de Hanoi (HUPI) et l'école d'architecture de Hanoi, un atelier des étudiants du programme DSA «Architecture des Territoires» de l’ENSA de Paris-Belleville a eu lieu à Hanoi entre février et mars 2015. Cet atelier a été focalisé sur la question du rapport de la ville à son fleuve: les étudiants ont été amenés à travailler le long des berges du Fleuve Rouge autour des thèmes de l'habitat en zone inondable, du transport fluvial et de intermodalités, de l'agriculture urbaine, de la logistique à l'échelle territoriale ou encore des politiques d'infrastructures fluviales. Quatre enseignants de l’ENSA de Paris-Belleville (Cyril Ros, Nathalie Lancret, André Peny, David Albrecht) sont mobilisés dans le cadre de cet atelier qui implique, du côté vietnamien, des stagiaires de HUPI et des jeunes architectes diplômés à l’école d’architecture de Hanoi.

En perspective, la coopération avec l’Institut des Métiers de la Ville à Hanoi et avec l’Institut d’urbanisme de Hanoi (HUPI) pourra s’organiser autour de trois volets d’actions communes: études urbaines, formation professionnelle et constitution d’un centre de documentation.

Dans le cadre de cette coopération, l’IPRAUS pourrait être engagé dans la constitution d’un centre de documentation qui collectera des ouvrages sur l’urbanisme et la planification en français et anglais, en assistant sa création, organisation et gestion. Ce centre est conçu comme une plateforme qui rayonnera à l’échelle de la capitale vietnamienne et sera situé à l’HUPI.

 

Atelier intensif

  • en 2012-2013 : atelier intensif à Kèp (Cambogde)

L’atelier Kèp propose d’expérimenter et de suggérer les grandes directions de réflexion concernant le développement de la ville. Plusieurs champs d’études seront donc approfondis: le patrimoine “ordinaire”/ l’architecture des années d’indépendance (période du Sangkum), la topographie, l’étude et la programmation des équipements nécessaires, les réseaux, les villages situés dans l’arrière-pays et le paysage en tant que modelage réciproque de lieux et de populations. Ainsi nous proposons un travail sur la mise en place de trames superposées comme structures de croissance visibles et invisibles de la ville à venir : trame constituée des points que sont les “édifices fantômes”, artefacts supports de la mémoire collective, trame viaire, trame végétale, trame programmatique, trame villageoise, etc.

Les typologies des “rapports à la mer” et la géographie - dans le sens large - des lieux ainsi proposés feront office de squelette, les habitants et le temps produiront chair, muscles, système nerveux d’une ville mixte et en mouvement inscrite dans le grand territoire. Deux sites nodaux relativement constitués et stratégiques situés à l’ouest seront les points de jonction de ces trames, une étendue plane à l’est sera elle l’objet d’une étude et de propositions à une échelle urbaine plus large. Un travail commun préalable définira les orientations de recherche avant l’étude particulière de chacune des zones. 

  • en 2015-2016 : projet d'un atelier intensif à Dà Lat (Vietnam)

 

Atelier d'été

Un atelier conception-construction (du dessin à la réalisation) d’été en Thaïlande en coopération avec l’Université de Chulalongkorn devrait être proposé en 2015-2016.
 

Actions de recherche associées

En 2014 

  • 2014 : colloque international « Southeast Asian Cities through Cartographic Representations: Teaching, Research, and Architectural Design », organisé par l’UMR AUSser, l’Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville, l’Université Chulalongkorn (Bangkok, Thailande), Bangkok : Université Chulalongkorn, 01/12/2014.
  • 2014 : séminaire « Les mots du patrimoine dans le projet architectural et urbain en Asie du Sud-Est : circulation, réception, création » organisé par l’ENSA de Paris-Belleville, l’UMR AUSser et l’association « Litlle People in Conservation »(Chiang Mai) dans le cadre du programme de recherche, Chiang Mai : university of Fine Art, 13 au 16 décembre 2014.
     

Actions d'enseignement et de recherche avec l'Indonésie

La semaine académique dédiée au patrimoine culturel s’est tenue à Yogyakarta du 4 au 8 mai 2015. Elle comprenait trois activités : une formation doctorale de deux jours (4-5 mai), une journée de visite de sites architecturaux patrimonialisés (6 mai), ainsi que deux jours d’atelier de recherche sur le vocabulaire lié au patrimoine culturel indonésien et thaïlandais (7-8 mai). 

Formation doctorale 


La formation doctorale des deux premières journées s’est tenue dans la faculté d’architecture et de génie architectural de l’Université Gadjah Mada (Fakultas Teknis dan Arsitektur, UGM). Sept chercheurs français ont donné une à deux conférences chacun sur la façon de mener des recherches sur le patrimoine dans leurs disciplines respectives (urbanisme, architecture, géographie, droit, histoire, anthropologie ainsi qu’une approche multidisciplinaire).

Ces conférences étaient réparties en huit sessions de trois heures chacune. Les deux jours de formations ont été introduits par le recteur de la faculté, le Professeur Bakti Setiawan. Chaque session était animée par un enseignant chercheur indonésien, rattaché à l’université UGM, et spécialisé dans la discipline de son homologue français.

Les intervenants français ont présenté en introduction de leur présentation un bref rappel sur les études patrimoniales en France dans leurs disciplines respectives. Vingt étudiants ont été sélectionnés sur quarante environ, grâce à un formulaire qui incluait une lettre de motivation. Les critères de sélection, hormis leur motivation, étaient l’usage qu’ils souhaitent faire des formations, la pertinence de leur sujet d’étude ainsi que leur niveau d’anglais. Nous avons également tenu à diversifier notre choix, en admettant des étudiants inscrits dans d’autres villes que Yogyakarta. Certains venaient de Denpasar, d’autres de Padang, Semarang, Bandung, Bogor, Jakarta ou encore Malang. Enfin deux étudiantes étaient inscrites en thèse au Royaume-Uni (voir la liste complète des étudiants à la suite de ce courrier).

Ces formations visaient à préparer de futurs masters ou doctorants désireux d’engager des études sur les questions patrimoniales en France. Les étudiants ont pu avoir accès, à travers cette approche pluridisciplinaire, aux thématiques actuelles dans l’enseignement sur le patrimoine culturel.

 

 Atelier de recherche sur les mots du patrimoine indonésien et thaïlandais

Cet atelier, organisé par le laboratoire AUSSER, émane d’un projet reçu et financé par le Ministère de la Culture français en 2014 (appel à projet intitulé : « Pratiques interculturelles dans les processus de patrimonialisation »). Ce projet pionnier pour l’Asie vise à comparer l’usage fait en Indonésie et en Thaïlande du vocabulaire lié au patrimoine, d’une part par les institutions, et d’autre part par les communautés coutumières/locales (voir la brochure). Trente participants indonésiens, thaïlandais et français, étaient présents.