Julius CESNULEVICIUS

Statut

  • Architecte salarié dans une agence d’architecture

L’utopie dans le projet urbain sioniste sous le Mandat britannique à Jérusalem : le quartier Antimus

  • Soutenance le 11 janvier 2010
  • Sous la direction de Jean-Louis Cohen
  • Discipline : Architecture
  • Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis

La thèse aborde une contradiction qui a trait au projet de l’état sioniste en matière urbaine. Cette contradiction se manifeste dans chacun de deux champs étudiés : les textes instaurateurs du sionisme Altneuland (1902) de Theodore Herzl et Yerushalayïm ha-Benuyah (1918) de Boris Schatz, ainsi que la dialectique du pouvoir qui se joue entre les institutions britanniques et sionistes en matière d’urbanisme, dans le contexte de Jérusalem et au début du mandat britannique.

L’étude construit un cadre de référence historique permettant de relier les éléments décontextualisés et contradictoires de l’imagerie urbaine de Herzl et Schatz à partir de notions opératoires comme celles de modèle, ou de messianisme, ainsi que leurs oppositions structurantes comme celle entre l’universel et le particulier.

Les deux axes convergent dans l’entreprise urbaine à Jérusalem sous le mandat, où l’élément mobilisateur, universaliste, de l’éthos sioniste est confronté à l’universalisme revendiqué pour les dispositifs urbains de l’administration britannique. La rivalité pour l’espace de la nouvelle capitale s’exprime dans la dimension symbolique de la forme urbaine et architecturale. Schatz fut alors le promoteur informel du premier projet urbain néoclassique de Jérusalem, le quartier commercial Antimus (1922-3) qu’il avait décrit dans son utopie. Le quartier marquera la rupture d’avec de la doctrine sioniste de la cité-jardin suburbaine et conduira de facto à déplacer le centre-ville vers le territoire du sionisme, dans un autre lieu que celui prévu par l’administration britannique.

Descipteurs : Herzl, Theodor (1860-1904) ; Schatz, Boris (1867-1932) Sionisme ; Urbanisme ; Jérusalem ; Utopies architecturales

Utopia in Zionist Town Planning Under the British Mandate in Jerusalem

The thesis addresses a contradiction implicit in the Zionist state building project and its urban component. It manifests itself in each of two domains discussed : the founding texts of Zionism Altneuland (1902) of Theodor Herzl and Yerushalayim ha-Benuyah (1918) of Boris Schatz, and the power-play between British and Zionist institutions in the field of town planning in Jerusalem at the beginning of British Mandate.

This study attempts to construct a historical frame of reference that organises the contradicting and displaced elements of Herzl and Schatz’s urban imagery around operating notions such as model and messianism, as well as their structuring oppositions such as universal vs. particular. The literary and historical axes converge in the town planning enterprise under the Mandate, where the mobilising, universalising, components of the Zionist ethos are confronted with the “universalism” of the British administration’s progressive urban models.

Their tacit struggle for space of the new capital manifests itself in the symbolic aspect of urban and architectural form. Schatz acted as informal promoter of the first neoclassical urban project in Jerusalem -the commercial district of Antimus (1922-3), which he described in his utopia. The district marks the break of Zionist doctrine from the suburban garden city and led de facto to bringing the city centre into the Zionist ground, in a place different from the one previously planned by British administration.