Le discours sur l’architecture vernaculaire dans les pays des Balkans du Sud Ouest durant le processus de construction de l’identité nationale ; entre interprétation et récupération.

Thèse en cours
Année de début de la thèse : 
2010
Directeur de recherche : 
Discipline: 
Architecture
Equipe de recherche : 
Université : 

Résumé de la thèse

Les pays Balkaniques ont la particularité d'être composés de plusieurs communautés. Chaque communauté se distingue plus ou moins les unes des autres par ses origines ethniques, sa religion et sa langue. Ces différences culturelles mais aussi ces similarités incontestables sont le fruit de siècles de conflit et d'entente. L'histoire de l'architecture vernaculaire est intrinsèquement liée aux évolutions sociétales. L'architecture vernaculaire que nous retrouvons partout dans les Balkans, se caractérise malgré les différences régionales par une homogénéité incontestable. Cette homogénéité se comprend au regard du passé commun de ces pays sous les grands empires : l'empire grecque, l'empire romain et byzantin, l'empire ottoman et à la fin les régimes communistes. L'architecture vernaculaire que nous retrouvons aujourd'hui trouve sa source à l'époque byzantine mais prend ces formes actuelles sous l'empire ottoman. A la fin du XIXème siècle et au début du XXème, période de création des Etats Nations, l'héritage de l'Empire Ottoman fut considéré comme vieux démodé et antinational. Des styles architecturaux dits «nationaux » ont émergé en Grèce, Roumanie et Serbie. Ce processus se poursuit aujourd'hui en Macédoine (ARYM) . Le style néoclassique voit le jour en Grèce, le néo byzantin en Serbie, et un mélange des deux en Macédoine. Ces styles nationaux s'incarnent surtout dans l'architecture monumentale. Ils sont utilisés dans les ensembles architecturaux représentant les centres du pouvoir des nouveaux états . Le rapproche vers l'architecture vernaculaire était différent. Dans les Balkans, deux attitudes envers l'architecture vernaculaire héritée de l'Empire Ottomane sont suivies. La première consiste en la négation totale de cet héritage et la destruction des ensembles architecturaux ottomans. La deuxième, moins radicale, consiste en l'appropriation du patrimoine existant, niant son influence ottomane et la caractérisant comme architecture nationale. Ainsi, l'habitat d'influence ottomane est défini comme « habitat turc « dans les ouvrages des auteurs turcs, tout comme habitat « grec, bulgare, yougoslave, albanais » dans les ouvrages respectifs de chaque pays. Le discours scientifique suit souvent le discours politique. Des architectes, dans tous les pays, essayent de prouver que l'habitat « dit national » est issu de la culture du pays. La plupart de ces ouvrages datent de la période communiste pendant laquelle l'architecture vernaculaire ou populaire, devient en tant qu'architecture représentative du peuple, l'incarnation de la nation. Elle s'oppose à l'architecture monumentale religieuse à une époque où la religion est interdite par le communisme. Objectifs du doctorat Objectif 1 : Développer la connaissance sur l'architecture vernaculaire balkanique en tenant compte les Balkans comme une région entière et pas de chaque pays comme un cas isolé, d'étudier son évolution et sa situation actuelle. Objectif 2 : Comprendre comment les discours sur l'architecture et le patrimoine participent à la création de l'identité nationale dans les pays des Balkans. L'essor du nationalisme à l'époque contemporaine donne au patrimoine une importance primordial, comme élément constitutif de la nation. On observe des différences d'appréhension des héritages culturels précédents la création des états nations. Ainsi, l'acceptation de l'héritage ottoman est pourtant plus facile dans les pays de population à majorité musulmane. L'exemple de Macédoine dont la population est composée à la fois de musulmans et d'orthodoxes fait naître la question de l'affirmation de l'identité ethnique en opposition à l'identité nationale, débat qui s'incarne dans la définition de l'architecture vernaculaire du pays. Réussir à avoir un regard plus ample sur toute la région des Balkans pour mettre en relations les facteurs historiques, sociaux et politiques qui ont participé à la création de cette architecture nous permettra de mieux l'appréhender. Je considère cette thèse comme ma contribution personnelle au réseau de spécialistes dédiés à la protection et à la valorisation de l'architecture vernaculaire balkaniques.