Observatoire de la Condition Suburbaine

OCS (ENSA de la Ville et des Territoires, Marne-la-Vallée)
 

Historique de l’équipe de recherche

L’équipe de recherche Observatoire de la condition suburbaine (OCS) qui s’est constituée au sein de l’ENSAVT s’est concentrée, dans un premier temps, sur les phénomènes propres aux périphéries urbaines. Plusieurs recherches ont porté sur l’observation et l’interprétation de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, où elle se trouve. La ville nouvelle était alors considérée comme un laboratoire d’expérimentation des nouvelles situations suburbaines. Les recherches menées sur différents aspects de la ville nouvelle ont été financées dans le cadre d’appels d’offre incitatifs du ministère de la Culture et de la communication ou du ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie.

Cette approche s’est étendue ensuite à d’autres territoires du Grand Paris. Cette extension s’est faite à la faveur de plusieurs travaux de chercheurs de l’Ecole mais aussi et surtout à l’occasion de la consultation du Grand Pari(s) en 2008, dans laquelle l’OCS était associée au groupe Descartes qui réunissait également d’autres enseignants de l’école. Cette grande consultation a été l’occasion d’installer dans l’école une proximité nouvelle entre les problématiques de projet et de recherche. Commissaire du Pavillon français de la Biennale internationale d’architecture de Venise, Yves Lion a choisi d’associer l’ENSAVT pour explorer le potentiel et le devenir d’un territoire suburbain, baptisé la « Dorsale Est », auquel appartient le campus Descartes. Les investigations ont été portées par de nombreux enseignants et étudiants de l’école, lui permettant de constituer une connaissance approfondie de ce vaste territoire.

Cette connaissance a notamment été mise à profit à l’occasion de la recherche portée par Jean-François Blassel et sélectionnée dans le cadre de la deuxième session du programme interministériel de recherche Ignis Mutat Res (IMR). Cette recherche, assurée en collaboration avec le laboratoire Navier de l’École des Ponts Paris Tech, s’intitule « Vers une ville énergétiquement résiliente : l’exemple de la Dorsale Est de Paris ». Son objectif est de mettre au point, à partir des éléments de connaissance de ce territoire, une typomorphologie des bâtiments et groupes de bâtiments en regard de leur potentiel énergétique ; il s’agit de repérer les critères déterminants en la matière, de les tester en les modélisant sur un nombre important de scénarios de projet. Ces scénarios s’appuient sur le matériau exploré par l’Ecole à l’occasion de la Biennale de Venise et ils sont issus, dans la première phase de la démarche, de l’atelier de projet « Matières à Penser » de master 1 de l’ENSAVT encadré par Florence Lipsky.

Cette recherche Ignis Mutat Res témoigne par ailleurs de l’évolution des thématiques que porte aujourd’hui l’équipe de recherche, que ce soit en terme d’objet ou de partenariat. Les problématiques environnementales auxquelles se consacrent de nombreux chercheurs de l’Université Paris Est nous ont en effet amené à préciser la place que peut prendre l’architecture dans le champ plus large des savoirs universitaires. Cette position privilégiée de notre école d’architecture au sein d’un campus universitaire – singulière pour une école d’architecture francilienne – nous amène en effet à être constamment sollicitée par nos voisins pour nos spécificités.

Ce positionnement articulé aux problématiques actuelles de la société ouvre la voie à une recherche pensée par ou à partir du projet architectural, le projet étant entendu à la fois comme un savoir, un savoir-faire et un mode de pensée à partir duquel il est possible d’étudier ou de questionner une grande diversité d’objets. A l’heure où beaucoup d’universitaires (notamment dans la sphère de « l’aménagement durable ») sont à la recherche d’approches holistiques, systémiques ou transdisciplinaires, mêlant théorie et actions, l’architecture – dans son acception large incluant l’urbanisme et le paysage – peut se révéler être une formidable ressource. On voit ainsi comment une position d’immersion dans une multitude de champs disciplinaires peut contribuer, paradoxalement, à révéler l’apport spécifique de l’architecture et du projet architectural dans la production de connaissances.

Position du laboratoire au sein de l’ENSA

Les liens entre les activités de l’OCS et celles de l’ENSAVT se situent, pour l’essentiel, à trois niveaux : l’enseignement, les séminaires et les conférences et la politique éditoriale de l’école.

L’enseignement

Dans la ligne pédagogique de l’école, qui a choisi d’enseigner « l’architecture, la ville et les territoires », l’OCS s’est orienté vers les phénomènes d’urbanisation p&aacutg;biphérique selon une approche historiographique des théories et des pratiques des territoires construits durant les XX e et XXI e siècles. Le rapport paysage, territoire et politique exploré dans le cadre de ces recherches a directement nourri la pédagogie de l’école, notamment dans le cadre des séminaires de deuxième cycle. La mise en dialogue des activités de recherche de l’OCS avec celles des filières d’approfondissement du master ont largement contribué à diversifier les axes de recherche de l’équipe, permettant ainsi d’embrasser toutes les problématiques portées par les filières (structures, environnement, théorie architecturale…).

L’équipe OCS s’est également engagée dans le développement d’une recherche par et pour le projet en articulant une formation doctorale au DSA d’architecte-urbaniste et au tout récent DPEA architecture post-carbone, en partenariat avec l’Ecole des Ponts Paris Tech. L’objectif est de permettre aux étudiants suivant ces formations de poursuivre certaines de leurs investigations liées au projet ou à des hypothèses (ou scénarios) prospectives dans le cadre d’une thèse de doctorat.

Les séminaires et les conférences

Les séminaires et conférences organisés à l’ENSAVT constituent un autre manière d’articuler recherche et enseignement. La tenue depuis plusieurs années, à l’école, d’un séminaire associant le CAUE 77, le Département de Génie urbain de l’Université, l’Institut français d’urbanisme, l’Ecole des Ponts Paris Tech, le Diplôme supérieur d’arts appliqués alternatives urbaines, permet aux étudiants du second et du troisième cycle de s’ouvrir à des problématiques contemporaines liées à la ville et au projet urbain.

Par ailleurs, l’organisation par l’ENSAVT du séminaire international scientifique Ignis Mutat Res en collaboration avec le ministère de la culture et de la communication, le ministère de l’Écologie, du développement durable, du logement et des transports et l’Atelier international du Grand Paris, a été un des moyens d’établir ce renforcement des liens avec la recherche. L’année qui a suivi le séminaire a permis à une équipe de chercheurs de l’école de candidater à la deuxième session du programme de recherche et d’être retenue en partenariat avec le laboratoire Navier de l’Ecole des Ponts. Cette équipe est désormais partie intégrante de l’OCS.

Pour permettre les échanges entre ces différents axes, un atelier de recherche sera mis en place à partir du second semestre 2013-2014. Destiné aux étudiants souhaitant s’engager dans la recherche : étudiants des filières de master briguant la « Mention recherche » et étudiants volontaires du DSA architecte-urbaniste et du DPEA architecture post-carbone. Ce séminaire sera également l’occasion de rencontres avec d’autres formations de recherche de la communauté des universités et établissements (CUE) ou d’autres écoles d’architecture françaises ou étrangères.

La politique éditoriale de l’ENSAVT

L’OCS est également associée étroitement à la politique éditoriale de l’ENSAVT. Les objectifs sont les suivants : constituer un outil de partage et de diffusion de la recherche produite à l’école et accueillir, voire encourager, l’engagement des enseignants et des étudiants dans la recherche. Cette politique éditoriale comporte trois volets :

  • La revue « Marnes, documents d’architecture ». Cette revue a été fondée et dirigée par deux enseignants membres de l’OCS : Eric Alonzo et Sébastien Marot. Cette publication scientifique annuelle a une double vocation : mettre à disposition des étudiants et d’un public averti des documents difficilement accessibles, offrir la possibilité aux enseignants et chercheurs de publier des articles en rapport avec les orientations pédagogiques de l’école.
  • La collection « Etudes et perspectives ». Cette collection, éditée par les éditions de la Villette, publie un certain nombre d’études et de recherches menées par des enseignants de l’ENSAVT.

Les Cahiers du DSA d’architecte-urbaniste. Ces ouvrages sont la transcription d’études commandées par des maîtres d’ouvrage à cette formation de troisième cycle. Ils sont conçus explicitement comme des outils d’exploration pour convertir les problématiques de projet en problématiques de recherche.