Présentation de l'UMR AUSser

Organigramme de l'UMR AUSser

Plan d'accès et informations pratiques

Genèse d’une UMR des Écoles nationales supérieures d’architecture franciliennes

Située dans des Écoles Nationales Supérieures d’Architecture (ENSA) et liée aux mondes professionnels de l’architecture, l’unité mixte de recherche « Architecture Urbanisme Société : savoir, enseignement recherche » a été créée en janvier 2010 sous la double tutelle du CNRS et du MCC.
Dans son premier contrat (2010-2013), l’UMR AUSser fédérait deux équipes de recherche de deux ENSA qui, dès leur origine, avaient placé la recherche au coeur de leurs projets pédagogiques : « l’Institut Parisien de Recherche : Architecture Urbanistique Société » (IPRAUS) de l’ENSA de Paris-Belleville et le laboratoire « Architecture, Culture, Société XIXe-XXIe siècle » de l’ENSA de Paris-Malaquais. Respectivement fondés en 1986 et en 1990, l’IPRAUS et ACS ont été associés depuis leurs débuts dans des unités de recherche du CNRS1 et ont joué un rôle fondateur pour la recherche architecturale en France.
En 1992, ces deux équipes ont fortement contribué à préfigurer le doctorat en architecture, en proposant un DEA inter-écoles2 en partenariat avec l’Institut Français d’Urbanisme (Paris 8) pour l’encadrement des thèses. À partir de 2005, année du passage des ENSA à l’organisation LIMADO1, elles ont oeuvré conjointement au développement du doctorat en architecture.
Partageant une même culture scientifique, les chercheurs et les enseignants de l’IPRAUS et d’ACS firent le choix de se regrouper dans l’UMR AUSser en 2010 autour d’un projet scientifique centré sur la conception et la production de l’espace de la ville, de l’échelle de l’édifice à celle du grand territoire. L’espace urbanisé y considéré dans son rapport aux organisations de sociétés et à travers les projets architecturaux, urbains et paysagers qui contribuent à ses mises en forme et à ses transformations. Cette focale définit l’apport spécifique de l’unité et sa pertinence dans le contexte régional, national et international de la recherche sur l’architecture et la ville contemporaines, alors que de nouveaux défis relatifs au devenir des espaces urbanisés et à leurs qualités matérielles sont posés aux chercheurs, aux producteurs et aux usagers de ces espaces.
Les choix qui ont présidé à la création de l’unité furent celui d’une structure fédératrice assurant la pérennité des équipes ACS et IPRAUS qui, au sein de leur ENSA respective, facilitaient les interactions entre recherche et enseignement, et celui d’un projet scientifique fondé sur des dispositifs transversaux aux deux composantes. Ces dispositifs furent définis en fonction des domaines d’excellence des chercheurs de l’unité : l’habitat et les nouvelles façons d’habiter ; les formes et mises en forme du territoire à l’heure du changement dimensionnel de la fabrication urbaine ; la mobilité, les grandes infrastructures de transport et les transformations architecturales et urbaines ; le patrimoine dans son rapport au projet et à la création ; la circulation des modèles et des référents. Ils furent également fondés sur les terrains de compétence : Paris, de la capitale du XIXe siècle à la métropole du Grand Paris, les villes asiatiques en mutation. Un autre dispositif fut mis en place pour traiter de l’histoire de l’enseignement de l’architecture et de la transmission, thématique émergente et originale, jusqu’alors inexplorée dans le champ des études sur la pédagogie et l’enseignement des métiers.

AUSser, une UMR fédérant quatre équipes de recherche des ENSA

Depuis 2014, à partir de son deuxième contrat (2014-2019), l’UMR AUSser fédère quatre équipes de recherche situées dans quatre Écoles nationales supérieures d’architecture franciliennes :
▪ « l’Institut Parisien de Recherche : Architecture Urbanistique Société » (IPRAUS) de l’ENSA de Paris-Belleville, créé en 1986, qui assure le siège administratif de l’UMR AUSser. Deux terrains y font l’objet d’un examen dans le temps long, Paris et la métropole parisienne, l’Asie Pacifique ;
▪ le laboratoire « Architecture, Culture, Société XIXe-XXIe siècle » (ACS) de l’ENSA de Paris-Malaquais, créé en 1990, connu pour ses travaux sur l’analyse et la compréhension de la culture architecturale et de ses métamorphoses ;
▪ l’équipe « Architecture, Histoire, Transport, Territoire, Patrimoine » (AHTTEP) de l’ENSA de Paris-La Villette, habilitée en 2012, qui regroupe des chercheurs avec lesquels les coopérations ont été nombreuses et fructueuses lors du précédent contrat, notamment des membres de l’ancien laboratoire « Histoire, Technique, Technologie, Patrimoine » du CNAM ;
▪ « l’Observatoire de la condition suburbaine » (OCS) de l’École d’architecture de la ville et des territoires de Marne-la-Vallée, créé en 1998 et habilité depuis 2002, qui se singularise par ses travaux sur la notion de territoire, ses formes et ses conditions d’émergence, dans une vision également prospective.
Les ENSA de Paris-Belleville, de Paris-Malaquais et de Marne-la-Vallée sont membres associés de la COMUE Université de Paris-Est ; l’ENSA de Paris-la-Villette est membre de la COMUE Hesam Université. AUSser fait partie partie de deux écoles doctorales : ED « Ville, Transports et Territoires » (UPE) et ED de géographie de Paris.

L’unité relève de la section 39 “Espaces, Territoires, Sociétés” du Comité national de la recherche scientifique. Elle est impliquée dans un partenariat structurant avec la communauté d’universités et d’établissements « Université Paris-Est », dans le cadre de l’École doctorale « Ville, transports et territoires »[1], du pôle thématique interdisciplinaire sur la ville et du laboratoire d’excellence « Futurs urbains : Aménagement, Architecture, Environnement, Transport », au sein duquel l’UMR AUSser représente la dimension architecturale et l’apport spécifique des ENSA.

Le périmètre scientifique de l’unité

L’UMR AUSser est caractérisée par son périmètre scientifique centré sur la production des objets architecturaux, urbains et paysagers, lesquels sont appréhen­dés dans leurs rapports aux sociétés qui les ont progressivement façonnés et à l’aune des nouveaux enjeux de conception posés aux chercheurs, aux producteurs et aux usagers de ces espaces, à l’échelle de l’édifice comme à celle du grand territoire.

L’UMR AUSser a vocation à jouer un rôle dynamique dans la définition et l’évolution du champ de recherche portant sur l’architecture, la conception, la production et la transformation des espaces habités. La recherche vise à construire une connaissance critique des cultures, des démarches et des processus de projet ainsi qu’un point de vue distancié sur la pratique tout en contribuant à développer les savoirs théoriques et opératoires qui lui sont nécessaires. Elle entend reformuler et approfon­dir une série de questions suscitées par le développement contemporain et la globalisation du phénomène urbain : les nouvelles façons d’habiter ; le change­ment des modes et des échelles de mobi­lité ; la redéfinition du contexte patrimo­nial et environnemental du projet ; la circulation des modèles et des pratiques dans la mondialisation…

Aussi son projet répond-t-il à deux objectifs : en interne, contribuer aux évolutions du doctorat en architecture, donc à la définition du champ par les travaux de recherche qu’elle développe ; en externe, établir un dialogue fructueux avec les domaines de recherche connexes, dans un contexte d’interdisciplinarité, autour de ses objets comme de ses méthodes.

Les études concernent : la ville et les territoires habités, abordés du point de vue historique comme de celui de leur fabrication et de leur prospective; le domaine asiatique, terrain d’étude privilégié des processus de mondialisation et de transfert culturel ; la matérialité du bâti et la mise en œuvre des matériaux ; le patrimoine architectural, urbain et paysager ; l’enseignement et la pédagogie du projet architectural et urbain à la période contemporaine ; enfin, l’actualité de la production de la ville et de l’architecture postmoderne.

Comment concevoir la ville future et l’organisation spatiale des territoires ? Comment faire évoluer le cadre bâti en tenant compte des impératifs d’économie d’espace et d’énergie, des modes de vie et des attentes de la société ? Telles sont les interrogations, vues sous l’angle de l’architecture, qui fondent le projet scientifique de l’unité AUSser.

Des liens entre recherche, enseignement et professions

Le périmètre scienti­fique de l’unité est ainsi défini par l’ancrage de ses recherches dans l’enseignement de l’architecture, notamment celui du projet architectural et urbain qui est la mission principale  des ENSA. Parce qu’elles réunissent des concep­teurs, des maîtres d’œuvre, des ensei­gnants et des chercheurs, ces écoles sont le creuset de réflexions communes, liées à la production architec­turale, urbaine et paysagère. Des interrogations sont formulées, dans ce cadre pédagogique, autour de la question de l’intervention, lors de l’analyse de site en amont de la conceptualisation dans un programme ou lors de l’élaboration, de la mise en forme et de la réception d’une proposition.

Le dialogue entre enseignement et recherche intervient au cours des différentes années du cursus, notamment dans les formations post-master : le cycle doctoral et les diplômes de spécialisation en architecture – « Architecture et patrimoine » et « Architecture et projet urbain » à l’ENSAPB et  « Architecte-urbaniste » à l’ENSA V&T.  Les axes thématiques de l’unité, qui correspondent aux domaines d’excellence de ses chercheurs, constituent le socle de la formation à la recherche et par la recherche en doctorat, de l’initiation à la recherche en master et de la sensibilisation aux problématiques actuelles en licence. La relation entre recherche et doctorat est essentielle : les thèses relèvent d’un ou de plusieurs axes de recherche et participent au renouvelle­ment des travaux de l’unité.

L’identité scientifique d’AUSser tient également aux interactions avec les mondes professionnels  et les situations d'action, par le biais des activités d’expertise, d’évaluation et de prospective pour lesquels les cher­cheurs sont régulièrement sollicités, la recherche étant ainsi confrontée aux verrous auxquels s'affrontent les acteurs de terrain.

La volonté affirmée de maintenir des liens fructueux entre recherche, enseignement et professions et de mener conjointement une recherche fondamentale et une recherche finalisée, reflète le périmètre disciplinaire des écoles d’architecture, mais aussi celui de la discipline architecturale elle-même, dans sa double dimension pratique et théorique.

Un dialogue interdisciplinaire

A cet ancrage disciplinaire correspond un dialogue interdisciplinaire. Fondatrice de la recherche architecturale, l’approche est aujourd’hui renouvelée dans ses problématiques, ses outils et ses méthodes mis à l’épreuve par une nouvelle donne urbaine : transforma­tions des dispositifs spatiaux liées, en particulier, aux changements dimen­sionnels de la fabrication urbaine, évolu­tion des modes d’habiter, montée en puissance des enjeux environnemen­taux, complexification des processus de projet et introduction de nouveaux corpus et outils de la recherche.

Dans cette perspective, l’unité regroupe des architectes et des urbanistes, des historiens de l’architecture et des ingénieurs, des historiens de l’art, des historiens des techniques, des sociologues, des géographes et des philosophes, plusieurs d’entre eux ayant une double formation. En outre, elle accueille des doctorants qui ont une formation initiale autre que l’architecture. La démarche consiste à solliciter la complémentarité de ces approches, de leurs éclairages et de leurs postures méthodologiques autour d’un objet commun.

L’élabo­ration de nouvelles approches méthodo­logiques se fait dans le cadre des programmes de recherche, en résonance avec l’enseignement doctoral en architec­ture dans le contexte pluridisciplinaire de l’école doctorale ‘‘Ville, Transports et Territoires’’ et de la COMUE Université Paris- Est, en particulier son Labex Futurs Urbains dont l’objectif premier est de développer des approches interdisciplinaires innovantes.

Une ouverture internationale

Des coopérations scientifiques ont été nouées et développées avec des parte­naires étrangers autour de projets de recherche pluriannuels ou de programmes menés sur le long terme. Partenariats européens ( du Nord (Allemagne, GB, Norvège, ..) du sud (Espagne, Portugal, ..), partenariats avec les USA,  les pays émergents (Amérique du Sud Russie) , avec l’ Asie. 

La recherche au sein de l’unité est marquée par une importante composante extra-européenne, tournée essentiellement vers les terrains asiatiques. Des collaborations anciennes ont  été établies avec plusieurs pays, notamment en Chine et en Asie du Sud-Est (Cambodge, Indonésie, Laos, Singapour, Thaï­lande et Vietnam). Elles sont formalisées dans le réseau de la recherche architectu­rale et urbaine « Métropoles d’Asie-Paci­fique : architecture et urbanisme compa­rés » piloté par l’IPRAUS. Elles tiennent également à l’insertion dans des réseaux internationaux structurés en référence aux aires géographiques et culturelles : le réseau Asie-Imasie CNRS & MSH ; l’Euro­seas (European Association for South- East Asian Studies).

Cette composante asiatique confère à l’UMR une expertise dans les questions touchant à la mondialisation, aux transferts culturels, lui permettant de contribuer à des réflexions de type comparatiste sur les évolutions architecturales et urbaines dans les régions et les territoires émergents de la planète. Les acquis de l’UMR en la matière se mesurent à sa position centrale dans les réseaux sur les métropoles d’Asie Pacifique et au grand nombre de spécialistes qu'elle a formés, et aujourd’hui en poste dans les différents pays concernés.


[1]   École doctorale n° 528 « Ville, Transports et Territoires » portée par le Pres Université Paris-Est, dont les Ensa de Paris-Belleville, de Paris-Malaquais et de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée sont membres associés.