Séance 1 : 16 mai 2013 : "Séance introductive. Enseigner la création : de la pratique à la théorie" (séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques »)

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Séance 1 : 16 mai 2013 : "Séance introductive. Enseigner la création : de la pratique à la théorie"

Séminaire du Labex Créations, arts, patrimoines (CAP) « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques » - mai 2013 à décembre 2014

Partenaires : Université Paris I (HICSA), EHESS (CRAL), Bibliothèque Kandinsky (Centre George Pompidou), UMR AUSser (deux axes de l’UMR participent à ce séminaire l’axe transversal « Architecture et culture technique » et l’axe « Architecture, diffusion, transmission, enseignement »)

Organisateurs : Karine Bomel, Guy Lambert, Eléonore Marantz, Valérie Nègre, Nadia Podzemskaia, Stéphanie Rivoire, Estelle Thibault

Lieu : INHA-Paris I

Résumé des interventions et présentation des intervenants :

  • Federica ROSSI : "La formation des architectes en Russie entre les XVIIIe et XXe siècles : questions de théorie et de pratique"

En Russie, le système d'éducation artistique change sous l’impulsion de Pierre-le-Grand : en 1757, est fondée l'Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, selon le modèle de l'Académie de Paris. L’expérience développée en Europe occidentale dans le domaine artistique devient une référence et si l'Académie de Saint-Pétersbourg forme les artistes les plus importants, à Moscou la situation est plus libre, ce qui permet la naissance de diverses écoles d’art. Cette communication examine la période qui suit la Révolution de 1917 et en particulier la création, en 1920, du Vkhoutemas. Elle analyse notamment comment s’y forment les architectes au contact des grands académiciens (Zholtovskii, Shusev, etc.) comme des maîtres de l'avant-garde russe, tels Mel'nikov et Ladovskii.

Federica Rossi a étudié les Beaux-arts à Moscou, a été diplômée en histoire de l’art à Turin en 2003, et a obtenu un doctorat dans cette discipline en 2007 à la Scuola Normale Superiore de Pise. Elle a publié différents essais et des articles pour des revues et des dictionnaires, portant sur la culture architecturale russe du XVIIe au XIXe siècles et sur les scénographes italiens à Saint-Pétersbourg. En 2008, elle a remporté le prix Ackerman et le prix Pinax d’Argento. Elle a été boursière de la Fondazione Ermitage Italia, a enseigné à l'École polytechnique de Turin et a effectué des recherches à la Scuola Normale Superiore de Pise. Parallèlement à l'organisation de plusieurs expositions, Federica Rossi mène actuellement des recherches au Kunsthistorisches Institut de Florence, au Max-Planck-Institut et est professeur invité à MARCHI Moscou. Elle est l'auteur de Palladio in Russia. Nikolaj L'vov architetto e intellettuale russo al tramonto dei Lumi (Marsilio, Venise, 2010) ; Il taccuino italiano di Nikolaj L'vov (Edizioni della Normale 2013).

  • Сlemena ANTONOVA : "Les conférences de Florensky aux Vkhoutemas (1923-1924) : enseigner l’histoire de l’art comme critique “synthétique” (1922-1924)"

La présentation aborde la série de onze conférences sur l’espace et le temps dans les arts visuels délivrées par Pavel Florensky aux Vkhoutemas en 1923-1924. La méthode d’enseignement s’inspire de deux sources : d’une part les expérimentations de l’avant-garde et plus spécifiquement la notion de « synthèse des arts », essentiellement connue dans le contexte russe par l’intermédiaire de Kandinsky, d’autre part les idées dérivant directement de la philosophie religieuse russe, en particulier le concept de «connaissance intégrale» (tsel’noe znanie) popularisée par Vladimir Soloviev. Si les aspects avant-gardistes des Vkhoutemas ont été très étudiés, bien moins connu est le rôle de la tradition philosophique religieuse dans le développement de ce qui peut être décrit comme une approche pédagogique « synthétique » ou « interdisciplinaire ». L’intervention aborde les conférences de Florensky comme un exemple d’une approche philosophique plutôt que comme une histoire de l’art au

sens étroit du terme. Selon Florensky, l’espace pictural devait être compris comme de la « métaphysique concrète ».

Les travaux de Clemena Antonova interrogent les critiques russes de l’icone, des aspects de la théologie orthodoxe orientale et de la philosophie religieuse russe, et portent sur des sujets au croisement de la visualité, de la religion et de la modernité. Son doctorat en histoire de l’art à Oxford University a été publié sous le titre Space, Time, and Presence in the Icon (Ashgate Publishers, UK, 2010). Elle a été chercheur invitée à l’Institute for Advanced Study à Edimbourg, à l’Académie royale de Belgique et a récemment conduit un projet à l’Institute for the Human Sciences à Vienne. Ses articles ont été publiés par Sobornost (dont les Eastern Churches Review), Slavonica, Slovo, Leonardo, Journal of Icon Studies, etc. Actuellement, elle est affiliée au Centre for Patristic and Byzantine Cultural Heritage à l’université de Sofia en Bulgarie. 

Télécharger la synthèse : Séminaire Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques (mai 2013-décembre 2014)