Séance 1 : 22 mai 2014 : "Conventions, normalisation, codifications des processus de création" (Séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques »)

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Séance 1 : 22 mai 2014 : "Conventions, normalisation, codifications des processus de création" 

Séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques » –  mai 2013 – décembre 2014

Séminaire du Labex « Créations, arts, patrimoines »

Lieu : Institut National d’Histoire de l’Art 

Présidence : Valérie Nègre

Répondante : Agnès Callu (département des arts graphiques, Musée des arts décoratifs)

Résumé des interventions et présentation des intervenants :

  •  Estelle Thibault (Ecole nationale supérieure d’architecture Paris Belleville, UMR AUSser) : "La « Graphique » de Jules Bourgoin : un solfège pour les arts d’industrie"

Dans années 1890, le théoricien de l’ornement Jules Bourgoin s’attelle à l’élaboration d’une nouvelle discipline, la « Graphique », proposition alternative aux enseignements scolaires du dessin tels qu’ils s’organisent suite aux grandes réformes de la Troisième République. Cette « science des figures » pour l’école et l’atelier prétend être aux arts d’ornement ce que le solfège est à la musique : un système de notation codifiée susceptible de résumer tout arrangement formel et particulièrement utile à l’artiste industriel, notamment dans le domaine textile. Si sa proposition, dont il expose les enjeux pédagogiques et épistémologiques dans Les Études architectoniques et graphiques (1899-1901), n’a que peu d’échos, elle dialogue toutefois avec d’autres tentatives contemporaines. L’intervention tentera de décrire la propédeutique imaginée par Bourgoin, qui s’adresse aux premiers apprentissages de l’enfant avant d’ouvrir vers de multiples interprétations dans les arts techniques. Il s’agira également de situer sa méthode dans les débats contemporains sur la formation du génie inventif, au moment où les dispositifs pédagogiques dérivés des idées d’Eugène Guillaume connaissent un ensemble de critiques.

Estelle Thibault est architecte DPLG, maître-assistante à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville, docteur en architecture (université Paris 8, 2005). Elle enseigne le projet et l’histoire des théories architecturales et, depuis 2013, est responsable scientifique du laboratoire IPRAUS (CNRS, UMR AUSSER 3329). Elle a séjourné en tant que chercheur invité au centre d’études du Centre canadien d’architecture en 2007. Ses travaux portent sur les relations entre les théories de l’architecture et les sciences de l’esthétique, ainsi que sur l’enseignement de l’architecture, du dessin et de l’ornement aux XIXe et XXe siècles. 

  • Larisa Ivanova-Vain (Institut d’architecture de Moscou) :  "Le système d’éducation artistique et architecturale dans les années 1920 en Russie. Des classiques à l’avant-garde"

Les établissements d’éducation artistique et architecturale de la Russie des années 1920 offrent un exemple unique de transformation globale du système pédagogique. Outre la restructuration des institutions en elles-mêmes, une réforme des apprentissages artistiques s’opère, des tendances académiques vers l’avant-garde, et cette évolution joue un rôle essentiel dans la reconfiguration de l’art contemporain. Au centre de ces changements se trouvaient les ateliers supérieurs d’art et technique –Vkhoutemas–, qui occupent aujourd’hui, avec le Bauhaus, une place majeure dans l’histoire des avant-gardes. Les Vkhoutemas sont aujourd’hui mieux connus grâce aux travaux de Selim Khan-Magomedov. Cette communication, issue de recherches en cours sur l’éducation artistique et architecturale dans le contexte de l’avant-garde en Russie, revient sur d’autres écoles: les Vkhoutemas de Leningrad et plus de vingt écoles régionales, ayant chacune leurs caractéristiques et leurs propres réalisations. Le travail d’enquête sur ces écoles, l’exploration des archives et des musées met en lumière des œuvres et des artistes (à la fois des enseignants et des étudiants)

qui ont travaillé dans ces écoles, et dont les activités ont diffusé la réforme éducative et artistique dans l’ensemble du pays. La présente contribution examine ce phénomène sous l’angle des évolutions des processus artistiques, à partir d’exemples de travaux conservés dans différents musées russes.

Larisa Ivanova-Vаin est architecte, docteur en architecture, fondatrice et directrice du Musée d’histoire de l’École d’architecture de Moscou (depuis 1989) à l’Institut d’architecture de Moscou, où elle est également professeur au département d’histoire et de théorie architecturales du XXe siècle. Ces recherches se focalisent sur l’histoire de l’éducation artistique et architecturale en Russie du XVIIIe au XXe siècle. Elle a initié l’étude des écoles russes d’avant-garde comme phénomène indépendant dans la culture internationale du XXe siècle. Elle conduit de nombreux projets sur l’histoire des écoles d’art centrales et régionales. Elle a été commissaire de projets d’exposition sue les écoles russes de l’avant-garde, en Russie et ailleurs (Japon, Italie, Croatie). Parmi ses publications figurent : Architectural schools of Moscow (I, Historical data. 1749-1995, Moscou, 1995 ; et III, Teachers and graduates. 1918-1999, Moscou, 1999); l’album illustré 250 years of the Moscow architectural school. Studying works and projects. 1749-1999 (Moscou, 2000); les catalogues From Vkhutemas to Moscow Architectural Institute. 1920-1936. Architectural projects from the collection of MARKhI Museum (Moscou, 2005), et Vkhutemas Vkhutein. Moscow Leningrad. 1920-1930. Studying works from the collection of MARKhI Museum (Moscou, 2010). 

Accéder au programme 2014 : Séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques »

Télécharger la synthèse : Séminaire Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques (mai 2013-décembre 2014)