Séance 2 : 5 juin 2014 : « Les lieux de l’invention : l’expérimentation dans l’enseignement » (Séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques »)

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Séance 2 :  5 juin 2014 : « Les lieux de l’invention : l’expérimentation dans l’enseignement »

Séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques » –  mai 2013 – décembre 2014

Séminaire du Labex « Créations, arts, patrimoines »

Lieu : Institut National d’Histoire de l’Art 

Présidence : Guy Lambert

Répondant : Konstantinos Chatzis (LATTS, Ecole nationale des ponts et chaussées)

Résumés des interventions et présentation des intervenants :

  • Stéphane Lembré (Ecole supérieure du professorat et de l’éducation Lille-Nord de France) : « L’expérimentation dans l’enseignement technique français au début du XXe siècle : le cas des écoles nationales professionnelles ».

En France, l’ensemble des promoteurs de l’enseignement technique, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, s’accordent sur la nécessité de concilier les enseignements théorique et pratique. En réaction à la critique incessante de l’éloignement de la formation par rapport à la pratique professionnelle, il s’agit de préparer aussi concrètement que possible au travail : les déclarations abondent quant à l’enjeu de former des exécutants. De l’argument institutionnel aux dispositifs pédagogiques, la distance peut toutefois être grande. Le cas de l’École nationale professionnelle d’Armentières et de son laboratoire au début du XXe siècle permet de mesurer précisément cet écart, que ses responsables tentèrent de réduire en mobilisant les applications de la science au service de l’industrie. L’objectif de cette intervention sera de proposer une approche de la place de l’expérimentation dans le développement de l’enseignement technique en France à partir du cas d’écoles conçues initialement comme les premiers fleurons de cet enseignement, et en réfléchissant aux sources susceptibles de permettre cette approche.

Stéphane Lembré est maître de conférences en histoire contemporaine, membre du laboratoire CREHS de l’université d’Artois. Ses recherches portent sur l’histoire économique et sociale ainsi que sur l’histoire de l’éducation en France aux XIXe et XXe siècles. Il s’est intéressé en particulier à l’enseignement technique et professionnel. Outre plusieurs articles, il a publié sur ce thème : L’école des producteurs. Aux origines de l’enseignement technique 1800-1940, Rennes, PUR, coll. « Carnot », 2013, et dirigé avec Audrey Millet le dossier « Art et industrie : les enjeux de la formation, XVIIIe-XXe siècles » dans Artefact. Techniques, histoire et sciences humaines, n°2, 2014. 

  • Christiane Weber (Leopold-Franzens-Universität Innsbruck) : « L’enseignement dans les laboratoires des écoles polytechniques/universités techniques allemandes (Technische Hochschulen) au XIXe et XXe siècle à travers l’exemple de l’Institut pour l’essai des matériaux à Stuttgart (Materialprüfungsanstalt Stuttgart) »

Contrairement au système de formation français, les architectes et ingénieurs allemands du XIXe siècle sont formés dans les universités techniques, telles qu’on désigne les écoles polytechniques à partir de 1900. Ces institutions se sont développées – crées d’après l’exemple français des Écoles Polytechniques – au cours du XIXe siècle en lieux de formation scientifiques concourant les universités traditionnelles des sciences humaines. Dans ce contexte, les universités techniques furent équipées de laboratoires d‘ingénierie au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Les étudiants de génie mécanique et de génie civil y suivirent des cours de tests et d’essais techniques des matériaux.

Christiane Weber (Ass.-Prof. Dr.-Ing. M.A.) est historienne de l’architecture. Après avoir suivi des études en architecture et en histoire de l’art à l’université technique de Karlsruhe, à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville et à l’université de Strasbourg, elle a fait son doctorat à l’université technique de Brunswick. Depuis 2013 elle enseigne àl’université Leopold-Franzen à Innsbruck. Ses centres d’intérêt sont l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme du XIXe et du XXe siècle et tout particulièrement les techniques constructives et l’histoire des institutions d’enseignement technique dans le contexte franco-allemand. Ses principales publications sont Fritz Leonhardt 1909–1999. Die Kunst des Konstruierens/The Art of Engineering, (catalogue d’exposition codirigé avec Joachim Kleinmanns) Stuttgart/London (Menges) 2009 et Fritz Leonhardt: « Leichtbau – eine Forderung unserer Zeit. Anregungen für den Hoch- und Brückenbau ». Zur Einführung baukonstruktiver Innovationen im Leichtbau in den 1930er und 1940er Jahren, Karlsruhe (KIT Scientific Publishing) 2011. Elle co-édite également les cahiers de l’ANR-DFG METACULT. METissages, Architecture, CULTure, Strasbourg – Transferts culturels dans l’architecture et l’urbanisme. Strasbourg 1830-1940/Kulturtransfer in Architektur und Stadtplanung. Straßburg 1830-1940, Strasbourg 2014/2015 (avec Anne-Marie Châtelet, Böker, Josef Johann, Wolfgang Brönner, Emil Hädler): http://bg.ikb.kit.edu/519.php 

Accéder au programme : Séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques »

Télécharger la synthèse : Séminaire Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques (mai 2013-décembre 2014)