Séance 4 : 16 octobre 2014 : "Oralité, création et invention : la figure du professeur" (séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques »)

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Séance 4 : 16 octobre 2014 : "Oralité, création et invention : la figure du professeur"

Séminaire du Labex Créations, arts, patrimoines (CAP) « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques » - mai 2013 à décembre 2014

Partenaires : Université Paris I (HICSA), EHESS (CRAL), Bibliothèque Kandinsky (Centre George Pompidou), UMR AUSser (deux axes de l’UMR participent à ce séminaire l’axe transversal « Architecture et culture technique » et l’axe « Architecture, diffusion, transmission, enseignement »)

Organisateurs : Karine Bomel, Guy Lambert, Eléonore Marantz, Valérie Nègre, Nadia Podzemskaia, Stéphanie Rivoire, Estelle Thibault

Lieu : INHA-Paris I

Présidence : Nadia Potzemskaia

Intervenants :

  • Galina Zagianskaia (Institut d’art théâtral « Boris Tchoukine », Théâtre académique national « Vakhtangov » de Moscou) et Olga Iordan (Université d’état de Moscou des arts graphiques « Ivan Fedorov ») Vladimir Favorski, professeur aux Vhutemas et à l’Institut de graphique de Moscou (1920-1960) et la continuité de son enseignement jusqu’à nos jours
  • Bruno Reichlin (Université de Genève) Aldo Rossi enseigne à l’École polytechnique fédérale de Zurich (1962-1975)


Répondant : Elisabeth Essaian (ENSA Paris Val de Seine)

Résumés des interventions :

  • Galina ZAGUIANSKAIA et Olga IORDAN : "Vladimir Favorski, professeur aux Vhutemas et à l’Institut de graphique de Moscou (1920- 1960) et la continuité de son enseignement jusqu’à nos jours"

Galina Zagyanskaya et Olga Iordan ont abordé de deux points de vue différents, la première étant théoricienne et historienne, et la seconde praticienne, la méthode d'enseignement du dessin inauguré aux Vkhoutemas par l'artiste et théoricien Vladimir Favorski. Au début des années 1920, il y enseigna la théorie de la composition à la faculté d'arts graphiques. Alors que la présence des constructivistes aux Vkhoutemas est internationalement reconnue, ce cours l'est bien moins. Or, il fut formateur pour plusieurs artistes russes travaillant dans différents domaines artistiques. D'une génération à l'autre, la méthode d'enseignement de Favorski s’est perpétuée, notamment parmi les artistes liés à l'Institut national russe d'arts graphiques à Moscou. C'est cette continuité dans les méthodes d'enseignement du dessin qui est analysée dans cette communication.

Galina Zaguianskaia est professeur d'histoire de l'art à l'Institut théâtral «Boris Chtchoukine » auprès du Théâtre académique national Evgenui Vakhtangov. Son domaine de recherche est la théorie de l'art en Russie au début du XXe siècle dans ses liens avec l'Allemagne, notamment, l'œuvre théorique de Vladimir Favorski. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages sur l'œuvre des artistes russes Aleksandre Ivanov, Artur Fonvizine, Ivan Fedotov, Vladimir Favorski.

Olga Iordan (université d’Etat de Moscou des arts graphiques « Ivan Fedorov ») est artiste et enseigne le dessin. Née à Moscou, elle est membre de l'Union des artistes de Moscou et l'une des fondatrices du groupe « Excursus ». Elle est l'organisatrice d’une biennale de dessin et a dirigé deux ouvrages avec l'artiste Alexander Livanov. Sa pratique artistique mobilise différentes techniques graphiques : lithographie, pastel, crayons de couleurs, peinture à l'huile. Sa pratique est basée sur la méthode dite « structurelle-spatiale », développée au sein des Vkhoutemas dans les années 1920.

  • Bruno REICHLIN : "Aldo Rossi enseigne à l’École polytechnique fédérale de Zurich (1962-1975)"

L’intervention revient sur les conditions dans lesquelles l’architecte italien Aldo Rossi, considéré comme l’un des chefs de file de La Tendenza, fut invité à enseigner à l’École polytechnique de Zurich entre 1972 et 1975. Assistant d’Aldo Rossi avec Fabio Reinhart, Bruno Reichlin, évoque l’insatisfaction des étudiants, à la fin des années 1960, suscitée par l’orientation des études d’architecture, calquées sur la production suisse contemporaine et jugées trop limitées à des questions techniques et fonctionnelles. C’est cette insatisfaction qui a conduit les deux assistants à rechercher des modèles pédagogiques alternatifs. Certaines expériences de la Hochschule für Gestaltung à Ulm ou de l’université de Florence rencontrent leur curiosité pour la théorie linguistique et pour les questions sociales. Plus généralement, le contexte théorique du milieu architectural italien, autour de la revue Casabella, se révèle particulièrement stimulant pour une relecture critique de l’histoire de l’architecture moderne.

Si le choix d’inviter Aldo Rossi était d’abord motivé par l’intérêt de l’approche typo- morphologique qu’il avait promu dans L’Architettura della Città (1966), sa manière d’aborder la ville comme mémoire collective et sa conception de l’architecture, empreinte de références picturales, littéraires ou cinématographiques ont également marqué les étudiants. Les cours où il commentait la genèse de ses propres projets, à partir d’un jeu de références culturelles entremêlées d’expériences plus personnelles, ont contribué à renouveler en profondeur les manières d’enseigner l’architecture. C’est à une réflexion sur les relations professeur/assistant qu’ouvre ce témoignage. Loin de s’en tenir à un rôle subalterne, les assistants apparaissent ici comme des interlocuteurs orientant les modes pédagogiques de leur maître (développement des cours théoriques par rapport à l’enseignement de projet en atelier, par exemple). Ils conduisent le professeur, par leurs attentes (disposer de textes théoriques et programmatiques), à se prononcer sur les limites de la théorisation et de la formalisation de son enseignement.

Bruno Reichlin, architecte diplômé de l’École fédérale polytechnique de Zurich puis assistant d’Aldo Rossi, enseigne l’architecture et l’histoire de l’architecture depuis 1972, d’abord à Zurich puis à Nancy et à l’Institut d’architecture de l’université de Genève (IAUG) à partir de 1987. Depuis 1994, il y dirige le 3ème cycle de Sauvegarde du patrimoine bâti moderne et contemporain qui forme architectes, ingénieurs, historiens de l’art et designers aux pratiques liées à la connaissance et à la conservation de l’architecture moderne. Bruno Reichlin enseigne également depuis 2000 à l'Accademia di Architettura de l’université de la Suisse italienne à Mendrisio. Il est l’auteur de nombreux projets architecturaux réalisés avec Fabio Reinhart, Marie-Claude Bétrix, Eraldo Consolascio et Santiago Calatrava. Il a été auteur, commissaire ou scénographe de nombreuses expositions et est également l’auteur de nombreuses études et essais sur Le Corbusier, Max Bill, Frederick Kiesler, Asnago and Vender, Robert Mallet-Stevens, Carlo Mollino, Jean Prouvé, Alberto Sartoris, Ludwig Viganò, Adalberto Libera, BBPR, Philip Johnson et autres architectes contemporains. 

Accéder au programme 2014 : séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques »

Télécharger la synthèse : Séminaire Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques (mai 2013-décembre 2014)