Séance 5 : 5 décembre 2013 : "Oralité, création et invention : la figure de l’enseignant" (Séminaire « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques »)

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Séance  5 : 5 décembre 2013 : Oralité, création et invention : la figure de l’enseignant 

Séminaire du Labex Créations, arts, patrimoines (CAP) « Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques » - mai 2013 à décembre 2014

Partenaires : Université Paris I (HICSA), EHESS (CRAL), Bibliothèque Kandinsky (Centre George Pompidou), UMR AUSser (deux axes de l’UMR participent à ce séminaire l’axe transversal « Architecture et culture technique » et l’axe « Architecture, diffusion, transmission, enseignement »)

Organisateurs : Karine Bomel, Guy Lambert, Eléonore Marantz, Valérie Nègre, Nadia Podzemskaia, Stéphanie Rivoire, Estelle Thibault

Lieu : INHA-Paris I

Résumé de l'intervention :

  • Delphine BIERE : "Les Ateliers de Fernand Léger (1924-1955) : un collectif artistique ?"

Parmi le très grand nombre de publications sur l’œuvre de Fernand Léger, la question de son enseignement et de sa pédagogie n’est que peu abordée. Aucun ouvrage ne soulève l’incidence de la fonction de l’enseignement sur sa pratique et sur sa carrière. Si Léger ne s’est jamais beaucoup exprimé sur sa fonction de pédagogue, dans certains entretiens ou dans quelques lettres de sa correspondance publiée, il évoque pourtant son rôle de passeur au sein de l’atelier mais aussi l’importance d’être entouré d’élèves ou « d’apprentis ». Grâce aux témoignages de ses anciens élèves, à son intérêt jamais démenti de rattacher l’art à la vie sans oublier la destination de la pratique artistique, l’atelier n’est pas seulement un lieu de formation mais aussi un facteur d’insertion et de diffusion grâce à la participation de ses élèves aux expositions. Léger avait aussi mis au point un système de production en collaboration avec ses élèves tout comme il les introduisait dans son réseau de connaissances (galeries, mécènes, architectes, etc.). Cette participation au sein de l’atelier (agrandissement des esquisses) ou à de grandes compositions murales concrétise l’ambition de créer une peinture architecturale. Le travail collectif que Léger dirigeait, est lié à l’idée, partagée par ses élèves, selon laquelle la peinture est un « art social » et collectif. L’atelier constituait un « cercle » d’artistes, un creuset où les conceptions de l’art étaient débattues mais surtout explorées plastiquement. L’atelier, selon la volonté du peintre, devait entretenir un esprit communautaire, transformant les élèves en une corporation d’apprentis. Ils intervenaient librement, participaient aux projets du « maître », se corrigeaient mutuellement. La liberté que Léger leur laissait visait un objectif : « N’attendez pas de moi que je donne la solution, que je vous indique comment vous en sortir. Ce serait trop simple. Le problème est en vous. Moi, je vois une issue. À vous de trouver la vôtre. » Son enseignement anti-théorique se présentait comme une pratique complémentaire mais indispensable à sa réflexion sur l’art et à son projet pictural : parler le langage du collectif social et s’adresser à un mode de perception collectif et actif.

Delphine Bière est maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université de Lille III et chercheur à l’IRHIS (UMR85291-CNRS-Lille III). Elle poursuit deux axes de recherches: l’un sur l’œuvre de Wols et ses différentes pratiques artistiques (dessin, photographie, écrit et peinture), l’autre sur les échanges et les relations artistiques au sein des avant-gardes dans la première moitié du XXe siècle. 

Télécharger la synthèse : Séminaire Enseigner l’invention et la création dans les arts et les techniques (mai 2013-décembre 2014)