Pour une politique du signe architectural.

Thèse en cours
Type de doctorat: 
Doctorat en formation initiale
Année de début de la thèse : 
2019
Directeur de recherche : 
Co-dir. : Antonioli Manola, professeur, ENSA Paris-la Villette
Discipline: 
Aménagement de l'espace et urbanisme
Equipe de recherche : 
Université : 

Résumé

Il n’y a pas de formes construites sans abandon à des forces.
Pour habiter les fragments du monde, l’architecture a besoin de forces, de moyens de travail et d’un sol pour amalgamer ces substances. Si l’architecture est une technique capable de ménager des rapports de forces, alors elle traduit des rapports de puissance. La technologie architecturale est donc sociale avant d’être technique : dans sa capacité à intervenir sur les propriétés de l’espace et les possibles des temps, elle fabrique du politique et partage du sensible. Son mode d’action, sa puissance, se médiatise via la comparution de signes construits, inventés pendant la création de l’oeuvre et pour le besoin du lieu.

 Toute entreprise critique portant sur la production architecturale ne peut se limiter à la pure sphère culturelle, à une simple autopsie sectorielle tant l’architecture est constitutivement l’art le plus mêlé à l’économique avec lequel il entretient un rapport presque non médié. L’analyse de nos formes sociales suppose donc de comprendre précisément le caractère matériel de la production d’un ordre culturel.
Si l’architecture est déterminée par l’ensemble des rapports de productions dominants, en l’occurrence ceux du capitalisme tardif et de ces multiples formes nationales, peut-il exister une architecture extérieure à ce système-monde, réputé comme total ? Les lieux, les territoires réagissent-ils tous de la même manière à cet alignement idéologique ?
Le travail de recherche entrepris ici tente, à partir d’un point de vue situé, déterminé par des appartenances géographiques méditerranéennes, de répondre à ces questionnements : les analyses de situations méditerranéennes doivent montrer si le topos méditerranéen, comme espace partiellement « préservé » de la surcodification du Nord, recèle des stratégies de résistances formelles ou informelles, efficaces ou impuissantes face à une production architecturale mondialisée.

 Depuis la prétendue mort du Postmodernisme, et donc en réalité son véritable achèvement, nous sommes entrés dans le temps de l’indistinction ; tout produit peut-être échangé puisqu’il représente des quantités de valeurs identique. Les formes postmodernes sont soumises à un changement incessant des goûts et des dynamiques économiques. Dans cette culture postmoderne, la sphère culturelle est devenue un produit à part entière : la production culturelle et esthétique s’est intégrée à la production de marchandises en général. A la fragmentation incessantes des gouts et des modes où les choses se succèdent les unes aux autres à un rythme frénétique, l’on peut opposer une autre fragmentation « qui crée des différences et des ruptures au sein du continuum supposé homogène » ; un temps fragilisé, troué en rupture avec le temps continu, criblé d’éclats d’avenir.

 L’espace méditerranéen se heurte aux civilisations de masses qui ont pris la tête du mouvement occidental moderne. La mécanisation a produit de nouveaux signes agissant selon une matrice sémiotique globalisée, détachée de toute pensée historique, mais figée dans un présent mutilé. Il est significatif de comprendre par quels signes, formels ou informels, certains territoires méditerranéens s’emplois à contrarier cette injonction.
Ce travail se concentre essentiellement sur des objets architecturaux présentant une appartenance géographique méditerranéenne, ainsi qu’une adhésion à des régimes d’historicités différents. Mon propos vise à développer l’idée qu’un présent architectural méditerranéen demeure encore travailler par des signes issus d’un passé intempestif.