Tempo Virilio. Où l'écologie grise, ramenée à l’architecture, comme élément de réponse aux enjeux sociétaux et environnementaux actuels.

Thèse en cours
Type de doctorat: 
Doctorat en formation initiale
Année de début de la thèse : 
2019
Directeur de recherche : 
Discipline: 
Architecture
Equipe de recherche : 
Université : 

Résumé de la thèse court

Architecte et philosophe, Paul Virilio (1932-2018) forgea la notion « d’écologie grise » face à la pollution du temps comme ressource naturelle. Il convient dorénavant d’interroger l’écologie grise comme objet de recherche au sein de la discipline architecturale.

Résumé de la thèse long

Le philosophe Paul Virilio (1932-2018) annonça l’épuisement d’un monde fini. Cette question centrale dans son travail sur la vitesse déboucha sur la notion « d’écologie grise » : « Il existe non seulement une pollution de la nature – des substances telles que l’air, l’eau, la flore et la faune – mais aussi une pollution de "la grandeur nature" du globe qui affecte les distances géographiques. » (in « L'ère de la vitesse et des grandes migrations », Revue Études, 2009/2). Parallèlement, Paul Virilio avait été enseignant et directeur de l’École spéciale d’architecture.

Il convient d’interroger « l’écologie grise » qu’il a forgée comme objet de recherche au sein de la discipline architecturale, en suivant quatre axes de réflexion :

  1. La description de « l’écologie grise » dans l’évolution de la pensée de Paul Virilio tels que ses ouvrages, textes et expositions peuvent la décrire sur quatre décennies (1970-2010).
  2. La vaste traversée qu’elle opère des champs disciplinaires allant du sport, à la danse, aux arts plastiques, à l’architecture jusqu’à la géopolitique.
  3. La place toute particulière laissée à l’image dans son œuvre, qu’il s’agisse de ses propres photographies, de son enseignement par l’image mentale ou encore de son rapport privilégié aux arts plastiques.
  4. L’enseignement de l’architecture comme appel à dépasser les frontières propres à cette discipline.

Cette recherche s’inscrit en particulier dans l’axe n° 3 - Épistémologie - du laboratoire ACS de l’ENSAPM puisque Paul Virilio interrogeait les contextes de l’architecture contemporaine et en particulier la mondialisation, les transitions technologiques et environnementales et les délimitations disciplinaires.

Dans sa première partie, cette recherche doit resituer son œuvre dans la pensée sur le temps (Gaston Bachelard, Henri Lefebvre, et plus récemment David Harvey ou encore Harmut Rosa), ainsi que dans la théorie architecturale (Cedric Price, Kevin Lynch, Bernardo Secchi et Paola Viganô…) pour permettre de répondre à la question de suivante : comment l’écologie grise redéfinit l’architecture, et en quoi l’architecture est une réponse à cette même l’écologie grise ?

Dans la seconde partie de ce travail doctoral, il restera à mener une expérience sous forme de test pour évaluer la pertinence de l’écologie grise en la confrontant aux grands changements environnementaux en cours et en particulier au changement climatique et à ses effets : en quoi l’écologie grise, ramenée à l’architecture, peut contribuer à l’élaboration de réponses pertinentes face à l’enjeu sociétal et environnemental majeur qu’est le changement climatique ?

Ce travail doctoral s’appuie en particulier sur les rencontres AUTOUR DE VIRILIO qui sont organisées à La Rochelle.